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Le gouvernement Couillard veut aider à financer les études d’impact des minières

Les compagnies minières pourront désormais bénéficier d'un crédit pour les frais associés à la réalisation d'études d'impact environnementales.

Les minières pourront déduire 50 % de ces dépenses au versement de leurs redevances minières.

Les frais engagés comprennent notamment des honoraires professionnels, de même que le salaire d'employés attitrés à la réalisation de ces études.

Ces sommes pourraient être étalées sur plusieurs années, selon l'Association minière du Québec.

Les frais associés aux audiences du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) ne sont toutefois pas admissibles à ce programme.

Ce changement n'est qu'une des nombreuses mesures incluses dans le budget Leitao déposé la semaine dernière.

Québec estime que cette nouvelle mesure lui coûtera quatre millions de dollars au cours des cinq prochaines années.

L'objectif du gouvernement serait d'encourager le secteur minier à accorder une plus grande place aux enjeux sociaux et environnementaux et de bien en informer la population.

Par ailleurs, Québec prévoit investir un autre 7,5 millions de dollars dans le secteur minier, notamment pour trouver des façons de mieux valoriser les résidus miniers et pour aider les entreprises à se démarquer en matière de développement durable.

Réactions dans le secteur minier

Mine Arnaud accueille bien les mesures, mais ne pourra pas en bénéficier parce que ses études environnementales sont déjà complétées.

L'Association minière du Québec (AMQ) juge quant à elle « intéressantes » les mesures présentées.

L'association souhaitait obtenir davantage de mesures pour aider les entreprises à diminuer leurs coûts d'opération, afin de rester compétitives sur le marché international.

L'AMQ affirme qu'au cours des dernières années, plusieurs nouvelles obligations sont venues alourdir le fardeau financier des sociétés minières.

Selon la présidente-directrice générale de l'AMQ, Josée Méthot, les données demandées aux compagnies minières dans le cadre de ces études sont plus nombreuses et les critères sont plus stricts que ce qui est demandé aux autres industries.

« On nous demande de faire des études, par exemple, sur la luminosité, affirme Josée Méthot. On nous demande de faire de la modélisation pour les émissions atmosphériques. On nous demande beaucoup plus par rapport à la biodiversité. On est souvent en région éloignée, ça nous coûte plus cher d’aller sur le terrain réaliser les études. »

Réaction citoyenne

De son côté, Louise Gagnon, qui fait partie du Regroupement pour la sauvegarde de la baie de Sept-Îles, juge qu'il y a une certaine iniquité.

« Les groupes citoyens doivent lire des milliers de pages d’études d’impact et on n’a aucune forme d’aide pour passer à travers de ça, déplore Louise Gagnon. Je ne sais pas si vous vous imaginez la somme de travail? »

Louise Gagnon doute que cette mesure ait un impact sur l'amélioration de la qualité de l'environnement.

Selon elle, il faudrait que Québec prenne davantage de moyens pour faire respecter les normes en vigueur, plutôt que de subventionner les entreprises minières.

D'après les informations de Katy Larouche