Retour

Le homard canadien, victime de la guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis?

La guerre commerciale entre Pékin et Washington risque d'avoir un effet négatif sur l'industrie du homard au Nouveau-Brunswick à long terme, bien que cela puisse paraître être une bonne nouvelle à première vue.

La semaine dernière, les deux pays se sont réciproquement imposé des droits de douane de 25 % sur 50 milliards de dollars d'importations.

Un exemple bien réel de l'impact de cette guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis est l'industrie du homard.

À partir du 6 juillet, les exportations de homard des États-Unis en destination de la Chine seront frappées de droits de douane de 25 %.

Une nouvelle qui semble favorable pour le Canada

En 2017, les Canadiens ont exporté pour plus de 200 millions de dollars de homard vers la Chine, surtout du homard vivant, et le marché est en pleine expansion.

Du côté des Américains, ces exportations se chiffrent à 175 millions de dollars.

Le marché est de plus en plus difficile pour les États-Unis. Ils ont récemment été défavorisés par l'accord économique entre le Canada et l'Union européenne, qui a fait tomber les droits de douane pour les produits en provenance du Canada.

Même si les nouveaux droits de douane de 25 % sur le homard américain semblent donner un avantage concurrentiel supplémentaire aux Canadiens, les transformateurs restent très prudents.

À court terme c'est sûr que ça met les expéditeurs et les transformateurs américains devant un sérieux déséquilibre au niveau de l'accès au marché chinois, note Nat Richard, directeur des affaires corporatives à Pêcheries Westmorland.

Il explique qu’une guerre commerciale entre les deux plus grandes puissances économiques dans le monde n’est pas une bonne nouvelle pour personne.

Les États-Unis, le client principal du Canada

Bien que les producteurs canadiens gagnent au change pour le moment, ils ne veulent pas que ce soit au détriment de leur principal client : les États-Unis.

Aussi, les deux industries travaillent de façon complémentaire. Par exemple, durant près de la moitié de l'année le homard en provenance du Maine est transformé au Canada et il est ensuite revendu aux États-Unis.

Les effets d'une guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis pourraient provoquer des surplus locaux et même avoir un impact sur les prix.

Ça pourrait être une bonne nouvelle, mais c'est surtout une mauvaise nouvelle, indique Pierre-Marcel Desjardins, économiste et directeur de l’École des hautes études publiques à l’Université de Moncton.

Selon lui, le homard américain qui n’aboutira pas sur le marché chinois va faire gonfler l’offre et ainsi faire diminuer les prix.

Également, face à ces nouveaux tarifs de la Chine, les Américains pourraient vouloir protéger des marchés en imposant des barrières douanières à leur tour sur des produits étrangers, comme le homard canadien.

Reste à voir si cette guerre commerciale entre Washington et Pékin durera et si les tarifs vont bel et bien entrer en vigueur.

Avec les informations de Nicolas Steinbach