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Le magasinage de Noël en chiffres

Noël est une période qui peut être stressante pour de nombreux Canadiens, mais c'est aussi le temps le plus lucratif de l'année pour les commerces.

Le magasinage du temps des Fêtes est devenu une tradition pour plusieurs. En 2015, les ventes au détail pour le mois de décembre ont atteint 43 milliards de dollars à l’échelle du pays, selon Statistiques Canada.

2016 s’annonce tout aussi lucrative, selon Mark Startup, le vice-président du Conseil canadien du commerce de détail.

« Les consommateurs canadiens sont confiants cette année, et ils continuent d’augmenter leurs dépenses, d’un mois à l’autre. La tendance devrait se maintenir pour la saison des Fêtes », croit M. Startup.

Il est toutefois d’avis qu’il sera difficile de battre les dépenses de Noël de 2015. Le dollar canadien était à 0,71$ US en décembre de l’an dernier. Les Canadiens allaient peu magasiner aux États-Unis, et de nombreux Américains traversaient la frontière pour dépenser.

De plus en plus tôt

Depuis quelques années, une nouvelle tradition a fait son apparition au pays. Le Vendredi fou, le lendemain de l'Action de grâces américaine, gagne en popularité au Canada. Si bien que pour de nombreux commerçants, la période de magasinage de Noël commence plutôt en novembre.

En effet, selon Statistiques Canada, « les promotions du Vendredi fou semblent avoir fait passer certaines ventes de décembre à novembre. » Le changement est notable, même s'il se produit tranquillement, selon l'organisme fédéral.

En 2014, 8,5 % de toutes les ventes pendant l’année étaient effectués en novembre, comparativement à 8,3 % en 2006.

Pour la même période, la part des ventes en décembre a diminué, pour passer de 9,9 % à 9,2 % l’an dernier.

Malgré tout, les deux derniers mois de l’année représentent à eux seuls plus de 18 % des ventes effectuées pendant l’année.

Et le magasinage en ligne?

À travers le monde, de plus en plus de consommateurs préfèrent profiter des aubaines en ligne, dans le confort de leur foyer.

Doug Stephens, un analyste du secteur du commerce de détail, explique que le nombre de ventes en ligne augmente de plus de 20 % par année.

Pourtant au Canada, cette augmentation a été plutôt tiède. Selon Statistiques Canada, environ 2 % des ventes des détaillants canadiens étaient effectués en ligne, ce qui a surpris Doug Stephens.

Pourquoi? Si nous sommes mieux connectés avec nos appareils mobiles, pourquoi ne magasinons-nous pas autant en ligne?

Doug Stephens, analyste du secteur du commerce de détail

« Une récente étude de la firme Deloitte démontre qu’il est clair que les détaillants canadiens ne sont pas de la partie », souligne M. Stevens. « Ils n’offrent pas aux consommateurs les mêmes services en ligne que les détaillants américains. »

Recevoir la facture

Une fois les Fêtes passées, de plus en plus de Canadiens se retrouvent avec une dette parfois salée.

Selon une récente étude de l'agence de surveillance du crédit Equifax, la dette totale des Canadiens, en excluant les hypothèques, a continué de grimper en 2016, ce que les auteurs de l'étude ont attribué à la faiblesse des taux d'intérêt.

Et cette dette ne fait qu’augmenter au temps des Fêtes.

Julien Picault, économiste à l’Université de la Colombie-Britannique dans l’Okanagan, croit que le risque, pendant la période de Noël, est d’acheter à crédit. « On reçoit notre facture de carte de crédit en janvier, et c’est là qu’on voit qu’on est pas mal endetté. En général, on voit une baisse de la consommation en janvier, après Noël, du fait de ça », explique M. Picault.

Faut pas tomber dans la frénésie. [...] Parfois on achète des choses 20 ou 30 dollars chacune. C’est pas si cher, mais quand on les met tous bout à bout, ça commence à faire une sacrée note.

Julien Picault, économiste à l’Université de la Colombie-Britannique dans l’Okanagan

L'économiste recommande de dresser un budget à l’avance, mais surtout, de s’y tenir.

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