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Le marché immobilier du Grand Toronto reprend, après des mois plus difficiles

Six mois après leur entrée en vigueur, les mesures de contrôle pour refroidir le marché immobilier dans la grande région de Toronto ont-elles eu l'effet escompté?

Un texte de Mathieu Simard

Après un refroidissement immédiat suivant l'annonce du gouvernement, le marché semble maintenant reprendre de la vigueur; selon les experts, les vendeurs se retrouvent devant des offres multiples et peuvent encore espérer faire de bonnes affaires. Mais attention, la réalité du marché torontois n'est pas la même d'un secteur à l'autre.

La mise en place du plan de l'Ontario pour le logement équitable en avril n'aura pas été un coup d'épée dans l'eau. L'arrivée de 16 mesures pour encadrer le marché locatif a permis une stabilisation dans la région élargie du Golden Horseshoe.

Pour l'économiste principal à la banque RBC Robert Hogue, la réaction du marché a été « très nette » dès le mois suivant l'annonce du gouvernement de Kathleen Wynne.

« On a vu l'activité commencer à plonger et petit à petit, les prix ont commencé à fléchir quelque peu. On ne parle pas d'une dégringolade, mais il y a eu un net refroidissement du marché », dit-il.

S'il est vrai que le gouvernement a surtout ciblé les investisseurs étrangers en leur imposant une taxe de 15 % à l'achat, Rober Hogue croit que les mesures de contrôle se sont ressenties au-delà de ce groupe cible.

« Ç'a lancé un message au marché en général pour dire que le gouvernement est prêt à intervenir pour refroidir le marché et qu'il ne tolérera pas des augmentations de prix de l'ordre de 25 à 30 % [annuellement] », indique-t-il.

Dans les mois qui ont suivi, la chambre immobilière de Toronto rapportait une augmentation du nombre d'inscriptions sur le marché. Seulement pour le mois de mai, le nombre de propriétés disponibles a augmenté de 42,9 % par rapport à la même période en 2016.

Reprise du marché

Le creux de la vague semble maintenant être derrière. Le printemps a été une période tranquille pour les agents immobiliers, et l'été, elle, une période d'adaptation, mais les acheteurs semblent maintenant de retour.

Pour l'agente Sylvia Santarelli, le « momentum a recommencé ». Elle a vendu une maison la semaine dernière et elle organise une visite libre dans une autre en fin de semaine.

Sylvia Santarelli admet que les acheteurs ont maintenant plus de temps pour prendre leur décision et que la « folie furieuse » des surenchères, l'hiver dernier, est chose du passé.

Un quartier différent, un marché différent

Si elle croit que la reprise est bien réelle, elle tient à préciser que sa force varie beaucoup selon le secteur où se trouve la propriété. Ainsi, les maisons situées à proximité du centre-ville de Toronto sont encore très en demande. Or, ce n'est pas nécessairement le cas en banlieue.

La correction dans le marché immobiler, qui a été provoquée par le plan d'action du gouvernement, est « pas mal terminée », selon Robert Hogue.

Les acheteurs potentiels qui patientaient devant la diminution des prix devraient, selon lui, ne pas trop tarder avant de passer à l'acte. Il affirme que les prix pourraient se stabiliser « très bientôt ».

Des taux d'intérêt plus élevés, des règles plus sévères à venir

Les analystes entrevoient pour le moment une reprise modeste dans la région de Toronto. Les récentes augmentations des taux d'intérêt et le resserement des règles d'emprunt hypothécaire qui attendent les acheteurs en 2018 vont toutefois ralentir la reprise dans le sud-ouest de l'Ontario.

L'accessibilité à la propriété va continuer d'être une utopie pour une majorité de premiers acheteurs, parce que la croissance soutenue de la population et la force de l'économie ontarienne va continue d'insuffler de l'énergie au marché immobilier.

Devenir propriétaire continuera donc d'être un rêve inatteignable pour de nombreux jeunes acheteurs, à moins qu'ils ne se tournent vers les condominiums, un objectif plus facile à atteindre, selon M. Hogue.

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