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Le ministre Blanchette confirme l'influence de la CCQ sur les programmes de formation

Le député de Rouyn-Noranda-Témiscamingue, Luc Blanchette, se range derrière les acteurs politiques, éducatifs et économiques qui dénoncent l'influence de la Commission de la construction du Québec (CCQ) pour l'attribution des formations des métiers de la construction.

Un texte de Lise Millette

De l'avis du ministre responsable de la région de l'Abitibi-Témiscamingue, il est faux de croire que le ministère de l'Éducation a le dernier mot lorsque vient le moment de décider si un centre de formation peut ajouter un nouveau programme ou une nouvelle technique.

« C'est le ministère de l'Éducation qui a le dernier mot, mais c'est de la foutaise, c'est de la bullshit. La Commission de la construction du Québec émet l'avis, mais une fois qu'elle émet l'avis, c'est appliqué. Concrètement, le ministère de l'Éducation et le ministère de la Solidarité sociale respectent toujours les avis de la CCQ », martèle-t-il.

Le Centre de formation Frère-Moffet tente d'obtenir de nouvelles formations depuis plus de deux ans, en vain. En 2016, la CCQ a transmis des avis défavorables pour quatre programmes demandés : calorifugeage, plomberie-chauffage, montage de ligne électrique et réfrigération.

Dans un courriel envoyé à Radio-Canada, la cheffe de section, relations publiques de la CCQ, Mélanie Malenfant, écrivait néanmoins que « la décision finale revient au ministère de l'Éducation ».

Elle précisait également que les Centres de formation professionnelle peuvent parfois « délocaliser certaines cohortes, ou encore bénéficier d'un processus de rotation des autorisations, ce qui permet de combler des besoins ponctuels dans les régions ».

Rapatrier le fonds au ministère?

Le ministère de l'Éducation n'a pas répondu à notre demande d'entrevue, mais le ministre Luc Blanchette estime que la CCQ exerce une forte influence, jusqu'à suggérer de rapatrier le fonds de formation de la Commission de la construction du Québec dans le giron du ministère.

« Le fonds de formation de la CCQ, qui est de plusieurs millions, je le rapatrierais au ministère de l'Éducation. Parce que c'est indécent. Ce fonds de formation-là aide les commissions scolaires de Montréal, principalement. Elles, elles ont toutes les options, nous, on en demande une seule, plomberie-chauffage, j'ai travaillé pendant tout mon mandat et ça n'a jamais abouti », déclare-t-il.

Pour sa part, la CCQ dit fonder ses avis « sur les cibles d'adéquation entre les besoins de formation et ceux du marché de l'emploi ». Ces cibles sont entre autres étudiées et entérinées par des sous-comités professionnels et le Comité sur la formation professionnelle de l'industrie de la construction.