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Le monde des affaires à la défense de Trans Mountain

Le milieu des affaires du pays exhorte, dans une lettre ouverte, les premiers ministres Justin Trudeau, John Horgan et Rachel Notley à trouver la solution à la crise de l'oléoduc Trans Mountain, au risque que les investisseurs d'ici et d'ailleurs ne fassent plus confiance au Canada.

Un texte de Noémie Moukanda

Près de 75 entités, entreprises, associations professionnelles, chambres de commerce ou encore certains maires ont signé la lettre ouverte qui lance le mouvement #confidenceincanada (confiance au Canada). Ces groupes se sont réunis à Vancouver jeudi pour rappeler ce qui est en jeu dans cette crise.

Ils demandent à Justin Trudeau de faire preuve de « leadership » et de prendre des actions pour que les travaux d'agrandissement de l’oléoduc commencent enfin. Beaucoup d’entre eux qui se sont exprimés à la tribune ont clairement blâmé le premier ministre de la Colombie-Britannique, John Horgan, de l’impasse qui s’est créée.

Chris Gardner, président de l’association des entrepreneurs et indépendants de la Colombie-Britannique (ICBABC), estime que M. Horgan n’a pas à choisir quel projet ira de l’avant ou pas. Il lui demande de « respecter un accord qui a été signé ».

Par ailleurs, ils veulent démontrer leur soutien à ce projet qu’ils estiment important à divers égards. Selon eux, il en va de l’économie tant de la Colombie-Britannique que de tout le Canada, mais aussi des engagements pris par le pays pour respecter le plan climatique.

Certains, comme Greg d’Avignon, président du Conseil du commerce de la Colombie-Britannique, évoquent même la tenue d’un « référendum » pour déterminer « si l’on peut compter sur le processus gouvernemental, la législation et les règles de droit pour investir en toute confiance au Canada ».

Au-delà du pipeline

Pour ces hommes d’affaires, cette crise qui s’enlise dépasse le pipeline Trans Mountain en soi. Celle-ci pourrait freiner l’élan de certains investisseurs, locaux et internationaux, à injecter leur argent dans les projets d’envergure au Canada. Parce que, disent-ils, qui aurait envie de s’aventurer en sol canadien lorsqu’on voit « qu’un projet qui a été approuvé à la suite d’un processus rigoureux » a du mal à aller de l’avant.

Paul De Jong, président de l’association des entrepreneurs progressistes du Canada (PCA) qui représente environ 125 entreprises à travers le pays, évoque métaphoriquement un « pipeline » d'investisseurs qui serait mis à mal .

Le premier ministre fédéral a décidé d’écourter son voyage à l’étranger pour s’asseoir avec John Horgan et Rachel Notley dimanche.