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Le N.-B. n’atteindra pas l’équilibre budgétaire aussi tôt que prévu

Le gouvernement du Nouveau-Brunswick n'atteint pas les objectifs financiers qu'il s'était fixés. À huit mois des prochaines élections, la ministre des Finances Cathy Rogers annonce que l'équilibre budgétaire sera atteint avec un an de retard sur l'échéancier prévu, soit en 2021-2022.

Un texte de Catherine Allard

La ministre des Finances du Nouveau-Brunswick, Cathy Rogers, dénoue les cordons de la bourse et dépose un budget à saveur électorale à l'Assemblée législative, mardi après-midi.

La somme de 73 millions de dollars sera notamment investie pour aider les entreprises à être plus concurrentielles, pour soutenir l’emploi chez les jeunes et pour les aînés. Ces dépenses additionnelles feront passer le déficit prévu de 117 millions de dollars à 189 millions de dollars, pour l'année 2018-2019.

Retard dans l'équilibre des finances publiques

Les libéraux prévoient maintenant éliminer le déficit en 2021-2022, c’est-à-dire un an plus tard que ce qui avait été prévu dans les derniers budgets du gouvernement Gallant.

Selon les prévisions faites l'an dernier, le plan des libéraux montrait un surplus de 21 millions de dollars en 2020-2021, ce qui aurait représenté le premier budget équilibré en plus d’une décennie. Cette prévision a plutôt été remplacée par un déficit de 79 millions de dollars, pour la même année.

La ministre Cathy Rogers avoue que les libéraux auraient pu atteindre l’équilibre budgétaire dès cette année. Elle affirme cependant qu'ils ont pris la décision de rester dans le rouge un an de plus « délibérément et prudemment » afin de « répondre aux demandes des Néo-Brunswickois ».

La dette de la province va également augmenter de 372 millions de dollars, pour atteindre 14,5 milliards de dollars en 2019-2020.

Les partis d'opposition dénoncent un budget électoraliste

Les chefs des partis d’opposition sont unanimes : le nouveau budget est un budget électoraliste. Selon eux, le gouvernement libéral a tort de retarder l’atteinte de l’équilibre budgétaire.

Le porte-parole de l'opposition officielle en matière de finances, le député Bruce Fitch, critique largement ce budget et le qualifie de « plateforme électorale » libérale.

« C’est inquiétant, car la dette augmente. Et nous avons vu des opportunités manquées dans les derniers temps, avec Énergie est et le gaz de schiste, des choses qui auraient pu revenir dans les poches des contribuables », croit Bruce Fitch.

« Il est clair qu’ils sont en année électorale et c’est pourquoi les dépenses ont augmenté autant cette année. Je crois que les Néo-Brunswickois ne seront pas trompés et pourront juger le gouvernement du leur feuille de route », affirme la cheffe néo-démocrate, Jennifer McKenzie.

« C’est un budget pour les élections, mais il n’y a pas de raison d’augmenter le déficit, 165 millions de dollars en revenus, c’est suffisant pour les nouvelles initiatives », croit le chef du parti vert du Nouveau-Brunswick, David Coon.

Revenu sur le cannabis

Le budget contient de nouvelles informations sur la gestion financière de la légalisation du cannabis, prévue le 1er juillet.

La province prévoit que la vente de cannabis représentera des revenus de 7,2 millions de dollars, dont 1,2 million de dollars qui proviendront des profits faits par Cannabis NB, la société qui sera chargée de la vente au détail de la marijuana à usage récréatif lorsqu'elle sera légale.

En plus de ce montant, le gouvernement va encaisser 1 million de dollars de la part des producteurs de cannabis afin de mener une campagne d’éducation et de sensibilisation.

Des détails sur le fond pour les changements climatiques

Le gouvernement du Nouveau-Brunswick avait déjà annoncé qu’il prévoyait verser 37,4 millions de dollars des revenus de sa taxe sur l’essence pour financer un nouveau fonds pour les changements climatiques.

Des mesures comprises dans le budget confirment cependant que 1,6 million de ce revenu sera versé pour les opérations du Secrétariat des changements climatiques et le salaire des fonctionnaires qui y travailleront.

Un montant de 3,8 millions de dollars sera également retenu afin d’être dépensé dans les années à venir, ce qui signifie que plus de 14 % des revenus de la taxe carbone ne serviront pas à créer de nouvelles initiatives pour lutter contre les changements climatiques cette année.

Le chef du Parti vert, David Coon, dénonce qu’il n’y a pas de nouvelles initiatives ou d’argent supplémentaire pour les changements climatiques.