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Le Nouveau-Brunswick a payé 1,1 M$ sur 4 ans pour des articles promotionnels

Le ministère du Tourisme du Nouveau-Brunswick a dépensé plus de 1,1 million de dollars sur quatre ans pour que des blogueurs, rédacteurs et journalistes visitent la province et écrivent de bons mots à son sujet.

La province a payé les billets d’avion, les repas, l’hébergement, les services de guides et les autres dépenses de transport de 879 représentants de divers médias, de 2011 à 2015, aux fins de promotion touristique.

C’est une pratique courante chez les gouvernements provinciaux au pays.

La majorité des rédacteurs provenaient du Canada. Certains provenaient des États-Unis, du Royaume-Uni, de la France et de l’Allemagne.

Ces dépenses sont prévues dans le budget annuel du ministère. Le montant pour 2016 brillait toutefois par son absence dans la réponse du gouvernement à une demande de CBC présentée en vertu de la loi sur le droit à l’information. En janvier, le gouvernement a indiqué que ces chiffres n’étaient pas encore finalisés.

Le ministère du Tourisme estime que la province a bénéficié d’une promotion touristique équivalente à des publicités de plus de 69 millions de dollars en investissant un plus de 1 million de dollars.

Le ministre du Tourisme, John Ames, explique que son ministère considère cette dépense comme étant des coûts de publicité. Une portion de cet argent est dépensé chez des entreprises du Nouveau-Brunswick. Le ministre ajoute que la province a l’habitude de payer le prix d’entrée de ces rédacteurs dans les attractions de la province.

Des critiques impartiales?

Le fait de payer le transport, les repas, l’hébergement et le prix d’entrée à des gens qui écrivent ensuite un article laisse peu de place à l’impartialité, selon Michael Camp, professeur de journalisme à l’Université Saint-Thomas. Il dit que cela revient à acheter un message.

Le plus troublant, souligne M. Camp, est le fait que du contenu commandité est parfois présenté comme une critique légitime. Dans ce cas, dit-il, c’est profiter des gens.

L’argent peut influencer le jugement des rédacteurs, ajoute le professeur Camp, et les lecteurs n’ont pas tous les faits.

Il conclut qu’il y a une distinction entre le journalisme et le contenu commandité, et qu’il est de plus en plus difficile pour les gens de s’y retrouver.

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