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Le panier d'épicerie pourrait coûter plus cher en Atlantique en 2018

Les consommateurs de l'Atlantique doivent s'attendre à payer davantage pour leur panier d'épicerie en 2018, mais ils pourraient atténuer cette tendance en évitant le restaurant et en cuisinant davantage.

Un texte de Frédéric Wolf

C’est ce qui ressort de l’édition 2018 du Rapport canadien sur les prix alimentaires à la consommation, publié conjointement par l’université Dalhousie à Halifax et l’université de Guelph, en Ontario.

Pour 2018, les auteurs du rapport estiment qu’une « économie plus forte incitera plusieurs commerçants à augmenter les prix dans la région de l’Atlantique », ainsi qu’au Québec et en Colombie-Britannique.

Le « prêt-à-manger » coûte cher aux Canadiens

La nouvelle édition du rapport annuel, dévoilé mercredi, prévoit que la famille canadienne moyenne (deux adultes et deux enfants) dépensera 11 948 $ en alimentation dans l’année qui vient, soit 348 $ de plus qu’en 2017.

La majeure partie de cette augmentation proviendra de la hausse anticipée du prix des légumes, mais aussi d’une plus grande part du budget des ménages consacré aux produits de la restauration.

Le rapport relève en effet une forte tendance vers ce qu’il appelle le « prêt-à-manger ». Si les émissions télévisées et les livres de cuisine jouissent d’une forte popularité, leurs enseignements ne sont guère mis en pratique, suspectent les auteurs de l’étude. En effet, la part du budget que les ménages ont consacré aux plats préparés et aux sorties au restaurant a augmenté de 2,7 % de septembre 2016 à septembre 2017. Les auteurs prévoient une hausse des prix de l’ordre de 4 % à 6 % dans ce secteur en 2018.

La famille moyenne, croient-ils, dépensera 208 $ de plus en restauration l’année prochaine, un bond notable qui représente 59 % de la hausse anticipée du coût du panier d’épicerie. Ce serait alors près de 30 % du budget alimentaire du ménage moyen qui serait consacré à des plats préparés ou achetés dans un restaurant.

Changements climatiques

Les perturbations météorologiques seraient la principale cause de la variation anticipée du prix des légumes. Les auteurs du rapport estiment que ceux-ci coûteront de 4 % à 6 % plus cher dans la prochaine année.

En revanche, les autres grands groupes alimentaires ne font pas l’objet de prévisions particulièrement dramatiques. Le rapport évoque une possible augmentation de 1 %à 3 % du prix des fruits et des noix, et de moins de 2 % du prix des poissons, viandes, céréales et produits laitiers.

Les prix en baisse en Atlantique en 2017

L’année 2017 a été meilleure que prévu, et les prix à la consommation ont été à la baisse dans les quatre provinces de l’Atlantique. De toutes les provinces canadiennes, c’est d’ailleurs en Nouvelle-Écosse que les prix ont diminué le plus (–1,1 %).

Globalement, la hausse des prix de 3 % à 5 % annoncée par l’édition du Rapport publiée en décembre 2016 ne s’est pas concrétisée en 2017. Le prix des aliments, toutes catégories confondues, n’ont augmenté que d'un modeste 1,4 %.

Le prix des produits laitiers, des oeufs, du pain et des produits céréaliers ont nettement diminué en 2017. Selon les auteurs du Rapport, la force inattendue du dollar a « permis aux Canadiens d’épargner un peu à l’épicerie ».

Le prix des poissons et des fruits de mer a été en hausse de 5,6 % en 2017. Pour 2018, cependant, la nouvelle édition du Rapport ne pressent pas d'augmentation dépassant les 2 %.

Le commerce international : un enjeu à surveiller

Si le consommateur peut améliorer sa situation en privilégiant les aliments à préparer à la maison et en limitant les sorties au restaurant, une variable inconnue risque d’affecter son portefeuille dans l’année qui vient.

Les auteurs du Rapport se montrent en effet particulièrement inquiets de la renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) entre le Canada, les États-Unis et le Mexique. Ils s’inquiètent de possibles mesures radicales ou de barrières tarifaires imposées par nos voisins du sud qui pourraient affecter le prix des aliments au Canada.

Les auteurs sont circonspects quant à l’approche du président américain Donald Trump. « S’il y a fort à parier que Donald Trump comprend mal le fonctionnement de l’ALENA, et encore moins le mécanisme de la gestion de l’offre, il s’y oppose. [...] Tout ce qui est compliqué dérange Trump », jugent-ils.

L’industrie agroalimentaire canadienne vend pour plus de 22 milliards de dollars de produits aux États-Unis chaque année. Elle est néanmoins est en déficit commercial de près de 2 milliards.

Manger en solitaire

« Prendre trois repas par jour semble devenir une pratique en voie de transformation au Canada », concluent les auteurs du Rapport canadien sur les prix alimentaires à la consommation, qui remarquent que les Canadiens cuisinent moins, mais aussi mangent moins ensemble. Deux Canadiens sur trois déjeunent seuls le matin, une proportion qui grimpe à 86 % chez les personnes nées entre 1977 et 1995.

Une étude de l'Université Dalhousie révèle que les femmes sont trois fois plus enclines à sauter le petit déjeuner que les hommes. Les personnes dont le revenu annuel est inférieur à 40 000 $ ont trois fois plus tendance à renoncer au petit déjeuner.

Par ailleurs, c’est en Atlantique que les consommateurs dînent le plus souvent seuls, à leur poste de travail. C’est le cas de près d’une personne sur deux, une proportion plus élevée que dans toutes les autres régions du Canada.