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Le paradoxe des pénuries de travailleurs à l’heure du « trou noir »

C'est un paradoxe dans bien des régions acadiennes. D'un côté, bien des travailleurs se retrouvent au chômage pendant l'hiver. De l'autre, des entreprises peinent à trouver des employés. Nous nous sommes rendus à Richibucto, sur la côte est du Nouveau-Brunswick, où ce phénomène est très présent.

Pour le nouveau propriétaire du restaurant Makeba, de Richibucto, Francis Hergott, le recrutement de travailleurs est un défi constant, particulièrement l’été.

La veille de notre rencontre, des chômeurs manifestaient contre le « trou noir » à quelques kilomètres de son restaurant.

Le « trou noir », c’est le nom donné à cette période que vivent des travailleurs saisonniers entre la fin de leurs prestations d’assurance-emploi et la reprise de leur travail.

Des travailleurs de la région de Richibucto le vivent, même si en ville, plusieurs employeurs comme Francis Hergott cherchent des employés. Global Windows and Doors, serait prêt à embaucher 13 travailleurs immédiatement s’il arrivait à les trouver.

La Ville de Richibucto peine à recruter

Même la Ville de Richibucto peine à recruter. Seulement quatre personnes ont postulé l'un des quatre emplois d'été affichés par la municipalité. Pourtant les salaires offerts ne sont pas négligeables : ils dépassent 14 $ l'heure.

Le maire Roger Doiron souhaite que se manifeste une plus grande volonté politique pour encourager le travail à l’année.

« De dire qu'il y a des gens qui veulent seulement travailler le minimum, moi je pense que c'est vrai. C'est pas en se mettant la tête dans le sable, puis en disant que c'est pas vrai... Moi je pense c'est vrai. Par contre, je suis convaincu qu'il a des gens qui voudraient travailler à l'année, mais qui n'ont pas toujours les compétences pour le faire. »

Des changements aux programmes de soutien du revenu pourraient aider, selon Francis Hergott. « Peut-être adapter le système d'assurance-chômage, je ne sais pas. Peut-être qu'ils aient encore accès à un revenu minimum. Et d'un autre côté, qu'ils puissent mettre des heures à temps partiel dans les entreprises. »

Roger Doiron croit que les travailleurs saisonniers pourraient cumuler des emplois.

En attendant les solutions, Francis Hergott peut heureusement compter sur quelques employés fidèles comme Jeanne Babin, qui a accumulé 37 ans de service au Makeba.

D’après un reportage de Michel Nogue

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