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Le PDG de Frima Studios défend le crédit d'impôt dans le multimédia

Le nouveau PDG de Frima Studios, Martin Carrier, ancien dirigeant d'Ubisoft et de Warner Bros au Québec, défend les crédits d'impôt disponibles pour les entreprises qui oeuvrent dans le secteur du multimédia. Selon lui, le patron de Stingray, Éric Boyko, fait « fausse route » en demandant l'abandon de ces avantages fiscaux.

Un texte de Gérald Fillion

« Visa le noir, tua le blanc », a déclaré Martin Carrier en entrevue à RDI économie, jeudi soir. « Le vrai enjeu, selon lui, ce ne sont pas les programmes de crédit d’impôt, qui ont très bien fonctionné au cours des 20 dernières années [...], c’est plutôt un enjeu de formation qui fait en sorte qu’on se retrouve avec une certaine pénurie de main-d’oeuvre ».

D'après lui, dans l’univers concurrentiel du jeu vidéo, de l’animation, de l’intelligence artificielle notamment, le Québec n’a pas le choix de maintenir son soutien pour attirer et stimuler les entreprises technologiques. Le passé est garant de l’avenir, croit-il.

Pour Éric Boyko, toutefois, les crédits d’impôt ont un effet pervers sur la disponibilité de la main-d’oeuvre au Québec. Selon lui, les entreprises dont le siège social est au Québec ont du mal à trouver des travailleurs qualifiés, qui se retrouvent employés par des entreprises étrangères, qui s’installent ici avec le soutien de l’État.

« À Montréal, on est rendu au plein emploi dans le domaine des technologies, disait Éric Boyko à RDI économie le 22 juin. Je comprends qu’il y a 20 ans, on voulait encourager un pôle technologique. Mais c’est un peu comme la drogue, des subventions! Une fois qu’une entreprise commence à prendre ce médicament, elle ne veut plus s’en débarrasser ».

Éric Boyko est d’avis que le temps est venu de mettre fin au crédit d’impôt pour le secteur multimédia, afin de créer un marché plus « équitable pour les entreprises qui sont subventionnées et celles qui ne le sont pas ».

Sans le crédit d’impôt, des emplois perdus?

Martin Carrier dit qu’il y a maintenant des crédits d’impôt dans tous les marchés importants sur le plan technologique. « Donc, si on les enlève ici, alors qu’ils vont demeurer ailleurs, je pense qu’il peut y avoir une délocalisation d’emplois ». Des pertes d’emplois sont à prévoir dans toute l’industrie au Québec, selon Martin Carrier, qui refuse de préciser ce que ferait son entreprise, Frima Studios.

À sa création, en 1997, le crédit d'impôt remboursable pour la production de titres multimédias remboursait 50 % des salaires des employés. Depuis 2003, le crédit est de 37,5 % des salaires d'employés admissibles. L'industrie du jeu vidéo au Québec compte 230 studios, qui emploient près de 10 000 professionnels. Le Québec abrite 29 % des studios canadiens et 53 % de la main-d'œuvre du secteur.

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