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Le PDG de Nalcor s’évertue à faire couler Muskrat Falls selon Danny Williams

L'ancien premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador, Danny Williams, s'en est pris jeudi soir à l'actuel président de la société d'État provinciale Nalcor, Stan Marshall, lors d'un discours devant la chambre de commerce de Saint-Jean.

Il estime que le dirigeant de la société d’État provinciale, responsable du projet hydroélectrique de Muskrat Falls, fait tout en son pouvoir pour couler ce grand chantier.

Je peine à comprendre pourquoi une personne accepterait de diriger une compagnie dans le seul but de démolir un projet majeur

Danny Williams, ancien premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador

Stan Marshall a été nommé à son poste par l’actuel gouvernement libéral de Dwight Ball lorsqu’il est arrivé au pouvoir en novembre 2015.

Après sa nomination, il avait qualifié de « gâchis » le projet de Muskrat Falls. Le coût de ce projet a gonflé à 11,7 milliards de dollars, soit près du double des premières estimations.

C’est Danny Williams qui avait lancé ce grand chantier lorsqu’il était premier ministre.

Piqué au vif

L’ancien premier ministre progressiste-conservateur a été piqué au vif par les mots choisis par Stan Marshall.

Ce dernier n’est pas étranger aux projets avortés, a-t-il dit. Il a rappelé que Robert Kennedy fils avait aussi utilisé le terme de gâchis pour décrire un projet de barrage hydroélectrique que Stan Marshall dirigeait au Belize, il y a 15 ans, lorsqu’il était PDG de l’entreprise terre-neuvienne Fortis.

Ce projet avait été critiqué à cause de ses répercussions sur l’environnement.

Danny Williams maintient qu’en dépit des coûts plus élevés et des délais, le projet de Muskrat Falls se justifie.

Stan Marshall en conflit d'intérêts?

Il a aussi affirmé que Stan Marshall se trouvait en conflit d’intérêts parce qu’il détient toujours des parts dans Fortis, un client important de Nalcor. Fortis possède Newfoundland Power qui achète de l’électricité de Nalcor pour ensuite la livrer aux abonnés résidentiels et industriels.

« Non seulement ses commentaires ont terni la réputation de l’entreprise [Nalcor] et en fait, celle de toute la province, mais il est bien connu que ce PDG est en conflit d’intérêts à cause des actions qu’il détient dans d’autres compagnies publiques », a-t-il assené.

Stan Marshall devrait être tenu de divulguer le nombre des actions qu’il détient dans Fortis, selon M. Williams.

Le nombre précis de ses parts n’est pas connu, mais on sait qu’il s’élève à moins de 5 % de Fortis, une entreprise qui vaut 16 milliards de dollars.

L’ancien PDG de Nalcor, Ed Martin, n’avait pas le droit d’être actionnaire de Fortis.

Le contrat de Stan Marshall limite sa participation au capital de Fortis à 5 %, ce qui représente 800 millions de dollars.

L’opposition conservatrice à l’Assemblée législative a critiqué ces règles lors de la dernière session parlementaire. Le gouvernement Ball les a défendues, en disant que Stan Marshall avait été transparent sur cette question.

Selon un porte-parole de Nalcor, Stan Marshall se trouve à l’extérieur de la province et n’était pas disponible pour réagir jeudi.

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