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Le petit coléoptère des ruches : « On est en mode dépistage »

L'arrivée dans la péninsule acadienne d'un petit insecte qui peut détruire des ruches crée de l'inquiétude tant chez les apiculteurs que chez les producteurs de bleuets.

Le petit coléoptère des ruches est arrivé dans des ruches importées de l’Ontario pour polliniser des bleuetières de la péninsule acadienne. Ce sont ses larves qui détruisent les ruches en laissant des excréments dans les rayons de miel, ce qui rend le miel impropre à la consommation.

« On est dans le mode de dépistage pour savoir si les ruches de l’Ontario ont réussi à affecter nos ruches dans la province », a affirmé Guy Noël, apiculteur de Petite-Lamèque, en entrevue à l'émission le Réveil Nouveau-Brunswick d'ICI Acadie.

Il s'est empressé d'aller chercher les ruches qu'il avait installées à Tracadie, l'une des zones touchées, pour les mettre en quarantaine, selon la suggestion que lui a faite le ministère de l'Agriculture. « J’avais 44 ruches dans la région de Tracadie que j’ai dû placer en quarantaine, à au moins une dizaine de kilomètres de toutes mes autres ruches. »

Il a reçu des appels d'autres apiculteurs inquiets qui devront aussi faire du dépistage.

Un insecte tenace

Lorsque le petit coléoptère des ruches réussit à s'introduire dans une ruche, il est très difficile de l'en déloger, explique M. Noël. « On peut essayer de le contrôler avec des pesticides, mais je ne pense pas qu’on puisse l’éradiquer. »

Lorsque la larve dépasse ce stade, elle va s'enfouir dans le sol près de l'entrée de la colonie avant d'atteindre sa maturité, de s'envoler et d'aller infester d'autres ruches.

La seule façon de s'en prémunir, selon Guy Noël, c'est en assurant la bonne santé de ses colonies d'abeilles puisque l'insecte va plutôt s'introduire dans des ruches quelque peu dépeuplées et affaiblies.

Le ministère de l'Agriculture du Nouveau-Brunswick précise pour sa part que des méthodes de lutte contre le petit coléoptère ont été utilisées avec succès dans plusieurs provinces, États américains et pays. Il précise prendre « très au sérieux » la découverte de l'insecte dans la péninsule et qu'il « prend toutes les mesures nécessaires pour atténuer les risques associés » à sa présence dans la province.

Les bleuetières pourraient en souffrir

Guy Noël affirme que l'industrie des bleuets de la péninsule acadienne ne risque pas de souffrir à court terme de la présence du petit coléoptère des ruches, plusieurs producteurs ayant décidé de ne pas faire polliniser leurs champs cette année à cause des faibles prix attendus pour les bleuets.

La situation des producteurs de bleuets pourrait toutefois se compliquer si la quarantaine perdure.

Les ruches ontariennes infestées doivent être renvoyées dans cette province jeudi au plus tard, selon le ministère de l'Agriculture.

Le Nouveau-Brunswick avait permis l’importation de 25 000 ruches de l’Ontario parce qu’il n’y avait pas assez d’abeilles néo-brunswickoises pour polliniser les bleuetières.

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