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Le poisson québécois plus accessible grâce à deux entrepreneurs gaspésiens

Deux Gaspésiens se sont donné comme mission de rendre le poisson gaspésien plus accessible partout au Québec. Dary Côté de Grande-Vallée et le maire de Cloridorme, Denis Fortin, offrent les produits de la mer gaspésiens dans de coquettes boîtes de bois réfrigérées. Ils en ont déjà installé dans 25 épiceries de la région de Montréal.

Un texte de Brigitte Dubé, avec les informations de Michel-Félix Tremblay

Avec leur entreprise, Fruits de mer du Québec, ils souhaitent faire grimper ce nombre à 35, peut-être 40. Les comptoirs présentent des produits congelés, scellés sous vide.

Plusieurs consommateurs se plaignent de ne pas trouver de poisson gaspésien dans les épiceries. Récemment, ce sont les chefs québécois qui ont déploré la difficulté de se procurer des produits du Québec.

Un flash

Originaire de Grande-Vallée, Dary Côté travaillait dans le domaine de la construction à Montréal. C’est un flash que j’ai eu, raconte-t-il. Des collègues me disaient que je devrais monter du poisson de la Gaspésie. J’ai fait le tour de mes chums et j’ai récolté des commandes pour quasiment 5000 $. J’ai dit : " Wow! On va essayer de faire de quoi avec ça!"

Dary Côté a ensuite vérifié dans les épiceries pour constater qu’effectivement, les produits de la mer gaspésiens étaient presque absents des comptoirs de poisson.

Son associé, Denis Fortin, était pour sa part propriétaire d’une entreprise de taxi longue distance. Il a dû cesser ses activités, en raison d’un conflit avec Orléans Express.

Faisant preuve de débrouillardise, il a adapté ses véhicules au transport du poisson.

Pour lui, il n’y a pas de miracle dans cette réussite : c’est le résultat de la fusion de deux entrepreneurs assidus qui mettent beaucoup d’heures dans le projet, jusqu’à 110 par semaine.

Il mentionne avoir fait preuve d’audace en rencontrant des épiciers pour leur expliquer le projet à l’aide d’une vidéo. La rétroaction reçue leur a confirmé qu’il y avait un besoin réel, un créneau à occuper.

Vendredi, à Grande-Vallée, ils ont inauguré un comptoir de vente de poisson frais, installé dans l’ancien restaurant Dixie Lee. Il a fermé juste comme on arrivait, rappelle Dary Côté. Ça ne pouvait pas tomber mieux!

Dans cette bâtisse, ils transforment du poisson qui vient de Rivière-au-Renard.

Dans un coin bistro, ils proposent aussi des mets préparés, comme de la pizza aux fruits de mer et des coquilles Saint-Jacques. Ils attendent la réponse à une demande de permis pour distribuer ces produits à Montréal.

Dary Côté reste discret par rapport à l'investissement qu'il a fait dans ce projet, mais il affirme en riant : Pas mal! Quand je suis parti de Montréal, j’avais de l’argent pis là j’en ai plus!

Très heureux de pouvoir gagner sa vie dans son village, près de la mer, il est étonné de la rapidité avec laquelle l’entreprise progresse.

Quant au maire de Cloridorme, il se dit prêt à mettre les bouchées doubles pour faire travailler son monde et « laisser des traces à nos enfants ».

Les associés prévoient créer entre 15 et 20 emplois éventuellement, répartis équitablement entre les résidents de Cloridorme et de Grande-Vallée. Ils ont déposé des demandes de financement à Québec.

Leur initiative tombe au moment où le secteur de l’Estran, dans la MRC de La Côte-de-Gaspé, est aux prises avec un marasme économique et démographique.

Toutefois, le vent semble vouloir tourner du côté du secteur. Une soixantaine de familles se sont établies à Grande-Vallée ces deux dernières années et de nouvelles entreprises ont ouvert leurs portes.

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