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Le porc pourrait coûter plus cher sans l'ALENA

Le Manitoba compte plus de porcs que de résidents. Si c'est le signe d'une industrie prospère, les questions de libre-échange inquiètent les producteurs et les investisseurs canadiens, ce secteur exportant 70 % de sa production, selon les experts.

Un texte de Marie-Lise Mormina

L'industrie automobile et le bois d'oeuvre retiennent souvent l'attention lorsqu'il est question de l'ALENA. Mais une renégociation de l'entente toucherait aussi l'industrie porcine canadienne, la 7e plus grande au monde selon le gouvernement fédéral.

À court terme, les consommateurs canadiens pourraient gagner au change si l'ALENA est aboli ou renégocié de manière à désavantager les exportations, explique le professeur et économiste à l'Université de Saint-Boniface Faïçal Zellama. Sans un accord de libre-échange avec les Américains, détaille-t-il, les producteurs seront pris avec un surplus de porcs, ce qui ferait chuter les prix. Les effets négatifs ne tarderont pas toutefois à se faire sentir.

Les conséquences négatives toucheraient également les emplois; 30 000, selon le site Internet du Conseil canadien du porc.

Pour Claude Vielfaure, président de Hylife, un gros producteur de porc au Canada, les incertitudes entourant l'ALENA sont un signe que le pays doit diversifier ses marchés. Il souligne l'importance des traités internationaux comme le Partenariat transpacifique.

S'ouvrir à de nouveaux marchés

Avoir plusieurs partenaires commerciaux permet plus de stabilité, mais c’est aussi une question de crédibilité pour Faïçal Zellama. Plus les possibilités sont nombreuses pour le Canada, plus il a des armes pour négocier, juge-t-il.

Encore faut-il que les gouvernements aident les industries et concluent des ententes commerciales, selon lui.

M. Zellama souligne que les négociations des accords de libre-échange sur la scène fédérale tardent, mais que cela ne devrait pas empêcher les provinces d'agir. Il est d'avis que le Manitoba doit établir des contacts avec les investisseurs et les clients.

À cela s'ajoute la question de la productivité. Le gouvernement doit investir, non pas dans une entreprise déterminée, mais dans le secteur en général, note l'expert. Il cite aussi une main-d'oeuvre plus qualifiée et moins de pertes comme étant des facteurs gagnants.

Moderniser l'industrie porcine

Cette semaine, le Manitoba a annoncé un partenariat avec le fédéral ainsi que des investissements dans le secteur de l'agroalimentaire. Le gouvernement a mentionné qu'il prioriserait, entre autres, les innovations, la recherche et le développement.

Le ministre de l'Agriculture du Manitona mentionne que les États-Unis et le Mexique tiennent aux ententes commerciales qui concernent l'agroalimentaire.

Selon Ralph Eichler, les renégociations de l'ALENA sont une bonne occasion pour moderniser l'industrie.

En juillet, le Conseil canadien du porc a participé à des consultations nationales concernant les renégociations de l'ALENA. Dans un communiqué disponible sur son site Internet, l'organisme mentionne que la réouverture de l'accord pourrait actualiser certains principes comme la « salubrité des aliments (et des aliments pour animaux) ».