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Le Potager du Restigouche crée sa propre monnaie

Après le demi, une nouvelle monnaie locale voit le jour dans la Baie-des-Chaleurs: le leg. Il s'agit d'une monnaie créée par un maraîcher de Ristigouche-Partie-Sud-Est. La monnaie procure de nombreux avantages à la jeune entreprise qui se doit d'être inventive pour joindre les deux bouts.

Un texte d'Isabelle Larose

Le leg permet de monnayer du temps de travail dans les champs contre des légumes du potager.

« On utilise le leg pour la personne qui vient travailler, explique le propriétaire du Potager du Restigouche et fondateur du leg, Jérôme Lambert-Bolduc. Au lieu d'être bénévole, on lui donne des legs. C'est dix legs de l’heure et ces legs-là servent à racheter des légumes tout au long de la saison. »

La monnaie prend la forme de billets dessinés à la main, en coupure de 5 ou 20 legs. À l’heure actuelle, 1000 legs sont en circulation. Les legs sont seulement acceptés au Potager du Restigouche.

Le leg : un attrait pour les bénévoles

Le Potager du Restigouche est en affaires depuis deux ans seulement. L’entreprise nourrit 70 familles en cultivant un hectare de terre.

« Tout est fait à la main, sans produits chimiques, affirme Jérôme Lambert-Bolduc. On est dans une entreprise qui essaie d'arriver avec les prix du conventionnel, mais il faut se trouver plein de trucs pour y arriver. »

Le leg s’avère donc un moyen efficace pour inciter les citoyens à venir donner un coup de main à l’entreprise en démarrage qui n’a pas les moyens d’embaucher beaucoup d’employés.

Daniel Charest, un citoyen de Ristigouche-Partie-Sud-Est, a déjà cumulé près de 150 legs, en travaillant dans les champs.

« En ayant des legs, je suis obligé de revenir acheter des légumes auprès de Jérôme, explique Daniel Charest. Ça crée un système où je consomme localement. Je sais d'où ça vient parce que je cultive moi-même avec Jérôme dans le champ. »

Contourner le système bancaire

Le leg permet aussi à l’entreprise d’éviter d’emprunter certains montants à la banque. « C'est avantageux financièrement, soutient M. Lambert-Bolduc, parce que je suis actuellement dans une phase de démarrage. J'emprunte la majorité de l'argent que j'investis. »

Le Potager du Restigouche a récemment mené une campagne de sociofinancement pour permettre l’achat de nouveaux équipements.

« L'appui de la communauté c'est vraiment essentiel, estime le propriétaire. Dans le genre de maraîchage haut de gamme que nous faisons, sans herbicide, fongicide, ni insecticide, nos coûts de revient sont beaucoup plus élevés parce qu'on fait tout à la main. Il faut vraiment des gens qui participent pour tenir une entreprise comme ca! »

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