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Le projet d'exploitation de la silice à Saint-Vianney progresse

Une cinquantaine de personnes ont participé mercredi à une rencontre d'information sur le projet d'exploitation de la silice de Métaux canadiens à Saint-Vianney.

Un texte de Geneviève Génier Carrier

L'entreprise compte extraire près de 85 000 tonnes métriques de minerai par année dans la carrière Langis, située sur le 7e rang de Saint-Vianney, à 4 kilomètres du village. Le projet suscite de l'engouement dans la communauté, car le site de la carrière est abandonnée depuis 30 ans.

Métaux canadiens désire obtenir un bail d'exploitation de sept ans pour opérer le site de trois à six mois par année. Si les clients et les investisseurs sont là, l'entreprise envisage dans un deuxième temps de prolonger et d'augmenter sa production.

« Notre vision, dans une première étape, c'est d'exploiter cette carrière, pour qu'on soit capable de développer des marchés. Puis éventuellement, on pourrait grossir l'exploitation dans le temps, en fonction du développement des différents autres projets », explique le président de Métaux canadiens, Hubert Vallée.

L'exploitation du site comprendra des activités de forage, de concasse et de dynamitage. Dans les pics de production, le nombre de camions lourds pourrait atteindre quatre par heure, selon leur tonnage.

Le député de Matane-Matapédia, Pascal Bérubé était présent à la rencontre. Il a questionné la direction de Métaux canadiens sur les impacts du transport lourd sur la route 195, ainsi que sur les risques liés au dynamitage.

Le président Hubert Vallée a indiqué qu'il y aurait 10 dynamitages de faible tonnage par année, soit deux par mois en moyenne.

La question des redevances a aussi été abordée. La direction de l'entreprise ne s'est pas avancée sur un montant. Elle a indiqué que, pour le moment, les redevances seraient réparties à travers le pacte fiscal.

Le maire de Saint-Vianney, George Guénard, entend suivre le dossier de près.

« Ça fait sept ans qu'on travaille là-dessus. La mine de silice a déjà fait jaser dans le passé, il fallait prendre ça avec un petit grain de sel. Là, on voit de jour en jour qu'il y a du concret, qu'il y a quelque chose d'intéressant pour notre population, mais aussi pour les populations voisines. Nous sommes en discussions, mais c'est sûr qu'il doit y avoir des retombées pour la municipalité », dit-il.

Transport

La silice extraite à Saint-Vianney sera acheminée par camion, via la route 195, au port de Matane. Elle sera ensuite transbordée puis expédiée aux clients potentiels. L'entreprise vise entre autres les marchés asiatique et européen.

Le minerai pourrait aussi servir à alimenter la future usine de transformation de la silice sur la Côte-Nord.

« La propriété du quartz en tant que tel, il est homogène, donc pour un consommateur, pour un producteur, c'est très intéressant d'avoir un quartz homogène. Quand il fait ses mélanges, il y a moins de risques dans les fournaises, aussi [le minerai] a une bonne résistance à la fracturation lors du procédé », indique Hubert Vallée.

Les Métaux canadiens doivent maintenant obtenir un bail d'exploitation du ministère de l'Énergie et des Ressources naturelles, ainsi qu'un certificat d'autorisation du ministère de l'Environnement. L'entreprise désire commencer l'exploitaiton de la carrière Langis cet automne ou au plus tard au printemps prochain.

Usine de transformation

Les Métaux canadiens poursuivent en parallèle la préparation de l'étude de pré-faisabilité pour l'implantation d'une usine à Baie-Comeau.

Le réseau d'Hydro-Québec dans le parc industriel Jean-Noël-Tessier serait en mesure d'alimenter l'usine de Métaux canadiens inc. L'entreprise prévoit avoir besoin de 120 mégawatts d'électricité pour assurer sa production d'alliage de silicium.

Les coûts de raccordement seraient aussi moins élevés que prévu, selon la direction des Métaux canadiens inc. L'usine de transformation pourrait coûter de 250 à 300 millions de dollars.

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