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Le projet d'usine de silicium à Baie-Comeau se précise

Les Métaux Canadiens pourraient commencer la construction de leur usine d'alliage de silicium à Baie-Comeau en 2019, mais il reste plusieurs étapes à franchir avant d'en arriver à la première pelletée de terre.

Un texte de Marlène Joseph-Blais et Vincent Larin

L'entreprise déposera son étude d'impact environnemental d'ici la fin de l'année et compte transformer la silice extraite de Saint-Vianney, dans la Matapédia, dès 2020.

Les Métaux Canadiens entendent produire 50 000 tonnes d'alliage de silicium annuellement pendant une vingtaine d'années. Quelque 200 employés devraient travailler à l'usine de Baie-Comeau lorsqu'elle sera exploitée à son plein potentiel en 2021.

Le projet devrait coûter entre 250 et 300 millions de dollars, mais l'entreprise n'a que quelques millions dans ses coffres pour l'instant et cherche des partenaires financiers.

Début février, l'organisme Innovation et développement Manicouagan est devenu actionnaire de l'entreprise en convertissant une subvention de 340 000 $ en achat d'actions.

« Il y a déjà beaucoup de choses qui [avaient] été faites par Innovation et développement Manicouagan, alors ça a été une des choses qui nous a fait choisir Baie-Comeau. Nous, on va compléter ça pour s'assurer qu'on est capables d'attacher une demande de [certificat d'autorisation] complète », précise le président et chef des opérations des Métaux Canadiens, Hubert Vallée.

« D'être partenaire dans leur projet, c'est exemplaire, puisque dans le contexte d'acceptabilité des projets par les communautés, c'est une des meilleures façons de le faire. De pouvoir aller jusque là, c'est véritablement de demander à des milieux d'êtres partenaires également dans le capital des projets », dit le directeur du dévelopement industriel d'Innovation et développement Manicouagan, Guy Simard.

Réconcilier les deux rives

L'annonce de l'implantation du projet à Baie-Comeau avait causé de la déception sur la rive sud du Saint-Laurent, mais l'entreprise dit avoir eu des discussions avec les responsables du développement économique de Matane pour expliquer son choix.

« Les gens ont bien compris que tout le monde a avantage à travailler ensemble si on veut qu'un projet comme ça, qui est porteur d'avenir, puis qui va pouvoir aussi donner du travail aux gens de Matane, qui ne sont pas très loin et qui, comme le maire de Baie-Comeau l'a mentionné à plusieurs reprises, traversent le fleuve régulièrement pour aller travailler », explique Hubert Vallée.