Retour

Le protectionnisme de Donald Trump pourrait servir le Canada, selon Charles Sirois

Les incertitudes que provoque Donald Trump s'accumulent depuis qu'il est président, mais l'entrepreneur Charles Sirois est d'avis que son arrivée représente une occasion d'affaires pour le Canada.

Un texte de Gérald Fillion

Selon lui, le repli protectionniste des États-Unis pourrait entraîner un déplacement des investissements vers d'autres pays, dont le Canada.

« Je crois qu’on peut avoir une plateforme hyper intéressante pour les compagnies américaines qui vont se voir fermer des marchés, a déclaré Charles Sirois à RDI économie jeudi. Parce que si les États-Unis se ferment, il y a des marchés qui vont se fermer pour des firmes américaines. Donc, elles pourraient fort bien s’installer au Canada et avoir accès à l’ensemble du monde et rester aux États-Unis pour la production américaine. »

« Compte tenu des tensions qu’il y a aux États-Unis, a ajouté l’homme d’affaires, et si elles se maintiennent, il y a beaucoup de gens qui vont commencer à regarder pour une qualité de vie meilleure. Et on a quand même au Québec un réseau d’universités exceptionnelles. Quand on regarde la qualité de nos universités, surtout en science, [le réseau] est totalement exceptionnel. Donc, il n’y a aucune raison que ces créateurs d’entreprises, ces entrepreneurs, ne choisissent pas de venir s’installer chez nous plutôt que d’aller ailleurs. »

Charles Sirois est d’avis que le président Trump aura du mal à remplir sa promesse, qui est de celle de ramener des emplois perdus en raison de la mondialisation.

« Il veut rapatrier les emplois manufacturiers aux États-Unis. Je ne suis pas certain, a dit Charles Sirois, que c’est une bonne stratégie à long terme. Je ne suis pas certain de la valeur ajoutée des emplois manufacturiers. De plus en plus, le manufacturier se robotise. Je ne suis pas certain que c’est créateur de beaucoup d’emplois, de beaucoup de valeur ajoutée. »

D’ailleurs, avec l’automatisation des emplois chez nous, Charles Sirois est d’avis qu’il faudrait explorer la possibilité d’appliquer un revenu minimum garanti pour l’ensemble de la population afin d’assurer un soutien économique à tous et réduire les tensions sociales. La robotisation pourrait générer des gains de productivité, qui pourraient financer le revenu minimum garanti.

Le président du conseil de Telesystem affirme que nos dirigeants doivent se dépêcher de mettre en place une stratégie pour attirer des entrepreneurs étrangers et des entreprises américaines sur notre sol. Tôt ou tard, Donald Trump sera bloqué dans son repli économique, selon Charles Sirois.

« Je crois qu’il va y avoir une limite jusqu’où il veut pousser son protectionnisme. Il va y avoir du pushback du Parti républicain, il va y avoir des répercussions économiques qui font qu’il va atteindre des limites. J’aimerais bien qu’il dépasse ces limites-là parce que ça nous favoriserait, mais je crois qu’il va se faire arrêter dans ses actions avant ça. »

Serge Godin et Alain Bouchard rassurants

Deux autres entrepreneurs québécois se sont faits rassurants face aux intentions de la nouvelle administration américaine.

Au cours de l’assemblée annuelle des actionnaires, le fondateur et président exécutif du conseil du Groupe CGI Serge Godin a expliqué que le « modèle de proximité » de son entreprise protège la société des velléités protectionnistes du président Trump. Sur les 11 000 employés de l’entreprise aux États-Unis, 97 % sont des citoyens américains.

Et puis, le discours d’Alain Bouchard, fondateur et président exécutif du conseil d’Alimentation Couche-Tard, rejoint celui de Charles Sirois. Il croit que la main-d’oeuvre qualifiée s’intéressera davantage à venir au Canada avec le climat social actuel aux États-Unis. « Avant la semaine dernière, peut-être que les États-Unis étaient intéressants. Maintenant, le Canada est une destination de choix. »

Plus d'articles