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Le Québec et sa métropole profitent-ils des revenus pétroliers grâce à la péréquation?

Des politiciens de l'Ouest suggèrent que si la région de Montréal ne veut pas de l'oléoduc Énergie Est, elle n'a qu'à retourner sa part de la péréquation, financée en bonne partie par les revenus tirés de l'exploitation des hydrocarbures. « Vous ne pouvez pas déverser vos eaux usées [dans le fleuve Saint-Laurent], accepter les pétroliers étrangers, tirer profit de la péréquation et ensuite rejeter nos pipelines », a par exemple dénoncé le chef du Wildrose albertain, Brian Jean.

Un texte de Denis-Martin Chabot

Le premier ministre de la Saskatchewan, Brad Wall, est allé encore plus loin jeudi en disant espérer que « les maires de la région de Montréal retourneront poliment leur part des 10 milliards de dollars de la péréquation financée par l'Ouest », donc, en grande partie par les revenus pétroliers.

Le Québec, et la région de Montréal en particulier, profitent-elles à ce point des revenus pétroliers par le biais de la péréquation?

Vérification faite : oui.

La péréquation est un système de redistribution de la richesse entre les provinces : une partie des impôts prélevés par le gouvernement fédéral est redistribuée aux provinces moins riches.

Pour l'année financière en cours, le Québec recevra 9 milliards et demi de dollars. Ce sera 10 milliards l'an prochain, soit plus de la moitié du total prévu (17,9 milliards).

Toute proportion gardée, toutefois, les provinces maritimes reçoivent encore plus d'argent que le Québec grâce à la péréquation.

À l'opposé, la Colombie-Britannique, l'Alberta et la Saskatchewan contribuent depuis plusieurs années à la péréquation, sans recevoir de paiement. On dit d'elles que ce sont des « provinces riches ». Terre-Neuve-et-Labrador est devenue l'une d'entre elles en 2008-2009, tandis que l'Ontario, qui a longtemps fait partie de ce groupe sélect, a basculé dans le camp des provinces plus pauvres en 2009-2010.

Les territoires canadiens - le Yukon, les Territoires du Nord-Ouest et le Nunavut - sont exclus de la formule de péréquation; ils tirent profit d'une formule de financement différente.

Jusqu'en 2014, les redevances pétrolières représentaient 47 % des revenus budgétaires de l'Alberta. Elles comptent pour moins de 7 % cette année.

À ce rythme, certains croient qu'avec la chute du prix du brut, l'Alberta pourrait bientôt devenir une « province pauvre » et bénéficier de la péréquation, comme cela a déjà été le cas dans le passé, avant qu'on y découvre du pétrole.

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