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Le Québec redoute des négociations difficiles sur le bois d'œuvre

Déjà épineux, le dossier du renouvellement de l'accord canado-américain sur le bois d'œuvre risque de se compliquer davantage avec l'élection de  Donald Trump aux États-Unis. Le négociateur en chef du Québec, Raymond Chrétien, ne cache pas son pessimisme.

« Ça va rendre la tâche beaucoup plus difficile. J'avais un mince espoir d'en venir à une entente entre maintenant et le 20 janvier; maintenant, cet espoir est disparu », se désole le négociateur en entrevue sur ICI RDI économie mercredi. 

« Nous allons nous retrouver dans une situation de litige très bientôt et ce sera extrêmement complexe et compliqué parce que les pressions sur le Canada seront très fortes. Déjà, la part de marché que nous avons est remise en question par les producteurs américains. Je m'attends à ce qu'ils mettent des pressions très fortes pour faire diminuer cette part de marché. C'est 62 000 emplois au Québec, c'est des centaines de milliers au pays », ajoute-t-il.

Le président de Manufacturiers et Exportateurs du Québec (MEQ), Éric Tétrault, s'attend aussi à un recul. « Il faudra recommencer les rencontres et la sensibilisation alors que nous étions déjà avancés. On vient de perdre beaucoup de temps. »

L'ex-vice-président du Conseil du libre-échange pour le bois d'œuvre Carl Grenier, actuellement chargé de cours à l'Université Laval, abonde dans le même sens.

« Le négociateur en chef des États-Unis, Michael Froman, se dirige vers la sortie, croit-il. Il pourrait s'écouler plusieurs mois avant qu'un nouveau négociateur soit nommé. Cela pourrait se faire au milieu de l'an prochain. »

À son avis, la situation actuelle ne devrait ni accélérer ni retarder l'imposition de droits compensatoires sur les exportations canadiennes de bois d'œuvre, puisque cela fait plusieurs mois que l'industrie américaine a l'intention de déposer une requête à ce sujet auprès du département du Commerce.

Le cabinet de la ministre fédérale du Commerce international, Chrystia Freeland, a refusé de commenter le dossier, disant vouloir se ranger derrière la déclaration du premier ministre, Justin Trudeau.

Le Conseil de l'industrie forestière du Québec (CIFQ) préfère aussi attendre avant de commenter l'élection du candidat républicain, disant vouloir d'abord rencontrer ses membres.

Depuis le début de l'année, le Québec a exporté aux États-Unis plus de 1,9 milliard de pieds-planche - une unité de volume utilisée pour le bois de sciage - de bois résineux, d'après des données de Statistique Canada.