Des propriétaires de lots boisés du Restigouche, au Nouveau-Brunswick, veulent créer un office de commercialisation des produits forestiers pour ce territoire. Ils sont insatisfaits des services de l'Office de commercialisation du Nord qui les dessert depuis plus de 40 ans.

Un texte de Serge Bouchard

Le torchon brûle entre un groupe de propriétaires de terres à bois du Restigouche et l’Office de commercialisation des produits forestiers du Nord, qui a pignon sur rue à Bathurst.

La situation a dégénéré au point où une demande a été acheminée à la Commission des produits forestiers du Nouveau-Brunswick pour la création d’un nouvel office pour le Restigouche.

Selon le groupe mené par Bernard Cyr, de Saint-Quentin, le Restigouche ne reçoit pas sa juste part des investissements en sylviculture et en reboisement, même si selon le groupe, c’est la région qui fournit la majeure partie des revenus de la vente de bois sur les terres privées du territoire desservi par l’Office du Nord.

Bernard Cyr occupe l’un des 11 sièges du conseil d’administration de l’Office du Nord. Depuis qu’il siège au sein de l’organisme, il a toujours été très critique au sujet de la faible place occupée par le Restigouche.

Selon lui, seulement 3 des 11 sièges sont occupés par des représentants du Restigouche. Il dit que ce déséquilibre permet difficilement de faire valoir les demandes de propriétaires du Restigouche.

Parce qu’il a refusé de signer un engagement de confidentialité exigé par l’organisme aux membres du conseil d’administration, il a récemment été suspendu du conseil pour six mois.

Un retard à rattraper

Selon Maurice Castonguay, un autre propriétaire de lots boisés de Saint-Quentin, il est temps que la région gère elle-même ses ressources forestières privées.

Il voudrait plus d’argent pour des travaux sylvicoles et de reboisement sur les terres à bois du Restigouche.

Une série de problèmes à l’Office du Nord

Depuis sa création par la province en 1972, l’Office de commercialisation des produits forestiers du Nord a connu plusieurs situations problématiques :

  • Après avoir frôlé la faillite durant les années 1990 après un projet avorté de vente de bois outre-mer, l’Office a été frappé par une histoire de fraude durant les années 2000 ;
  • Frank Branch, un ancien député provincial et gérant de l’Office à cette époque, a été arrêté et accusé d’avoir fraudé l’organisme qui l’employait. En 2012, il a reconnu sa culpabilité à ces accusations;
  • En 2015, des irrégularités administratives détectées dans les finances de l’organisme ont poussé la police de Bathurst à mener une autre enquête. Des perquisitions ont été effectuées à Bertand, chez un ancien dirigeant de l’Office. Un porte-parole de la police municipale de Bathurst confirme avoir terminé son enquête et qu’un dossier a été soumis au bureau du procureur de la Couronne à Bathurst. Mais jusqu’à présent, aucune accusation n’a été déposée dans cette affaire.

L’Office répond par écrit

Après avoir accepté de donner une entrevue à la caméra, Mario Comeau, le président de l’Office de commercialisation des produits forestiers du Nord, s’est désisté la veille du rendez-vous.

Par l’entremise du gérant Patrick Doucet, l’Office a plutôt fourni une déclaration écrite à Radio-Canada Acadie.

L’organisme dit n’avoir reçu aucune plainte écrite des propriétaires de lots boisés privés du Restigouche concernant la façon dont ils sont traités. Il ajoute vouloir offrir un service équitable et juste pour les propriétaires dans tout le territoire desservi.

La demande du groupe du Restigouche a été soumise à la Commission des produits forestiers du Nouveau-Brunswick. Son directeur général, Tim Fox, indique qu’une évaluation de la viabilité de la demande est en cours. Si la Commission accepte la demande, la décision définitive sera prise par le ministre du Développement de l’énergie et des ressources, Rick Doucet.