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Le retrait américain de l'Accord de Paris pourrait faire mal aux pétrolières canadiennes

La décision du président américain, Donald Trump, de retirer son pays de l'Accord de Paris sur les changements climatiques risque d'avoir un effet sur la compétitivité des entreprises énergétiques du Canada, selon des membres du secteur.

Un texte de Mario De Ciccio

Des membres de l’industrie pétrolière en Alberta craignent que le retrait des Américains de l’Accord de Paris ne vienne briser un certain équilibre que celui-ci apportait entre les deux compétiteurs.

Le président-directeur général de l’Association des services pétroliers du Canada, Mark Salkeld, estime que l’Accord de Paris cause du tort à l’ensemble de l’industrie pétrolière mondiale.

« Il y a des frais associés au combat contre les changements climatiques que les entreprises devront couvrir pour répondre aux politiques des gouvernements », avance Mark Salkeld.

« Si tout le monde doit couvrir les mêmes frais, les choses seront relativement égales », croit-il. « Cependant, si elles n'ont plus à assumer ces frais, les entreprises aux États-Unis bénéficieront tout simplement d’un avantage économique supplémentaire. »

Selon Mark Salkeld, les coûts de production sont déjà plus avantageux aux États-Unis, et ce nouveau déséquilibre pourrait inciter certains des membres de son association à aller faire affaire au sud de la frontière.

L’Association canadienne des producteurs pétroliers estime aussi que c’est la compétitivité de l’industrie canadienne qui sera touchée après le retrait des Américains. Ce problème démontre la nécessité d’une approche canadienne pour rendre ses entreprises plus compétitives, explique la porte-parole Chelsie Klassen, dans un communiqué.

« Nous devrions nous concentrer sur les questions qui améliorent notre avantage concurrentiel, explique-t-elle, comme la réforme fiscale et les relations internationales. »

Le gouvernement albertain garde le cap

Dans un message vidéo publié sur Twitter, la première ministre de l’Alberta, Rachel Notley, dit croire à l’importance de tenir ses engagements auprès des autres pays.

« L'Alberta est la centrale énergétique du Canada. Nous l'avons toujours été, nous le serons toujours », ajoute la première ministre. « Cependant, cela ne veut pas dire que nous pouvons ignorer la science du climat et la nécessité urgente d'agir. »

Sans pour autant commenter les répercussions de la décision de Donald Trump sur l’industrie albertaine, la première ministre a rappelé les efforts de l’Alberta pour contrer les changements climatiques « soutenus par les industries, les environnementalistes et les peuples de Premières Nations. »

La ministre de l’Environnement, Shannon Phillips, ne croit pas que le retrait américain aura un effet négatif sur la province. Au contraire, elle dit y voir une occasion.

« S’il y a un effet, ce sera qu’il y aura plus d’investisseurs qui se tourneront vers le Canada et l’Alberta pour investir dans l’énergie propre ou renouvelable », explique la ministre.

Selon l’analyste Martin Pelletier, gestionnaire de portefeuille à TriVest Wealth Counsel, cette façon de voir les choses du gouvernement est idéaliste.

Il estime cependant que l’effet sur la compétitivité sera bien réel et que la solution la plus simple à ce problème sera l'expansion de l’oléoduc Trans Mountain, afin de diversifier le marché albertain.

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