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Le salaire minimum au Québec grimpera de 0,50 $ en mai

La ministre québécoise du Travail, Dominique Vien, a annoncé que le salaire minimum grimpera de 50 ¢ le 1er mai prochain. Il atteindra donc 11,25 $ l'heure pour les employés qui ne reçoivent pas de pourboire.

Le gouvernement annonce du même coup ses intentions pour les prochaines années en matière de salaire minimum. Celui-ci grimpera de 50 ¢ en 2018, de 35 ¢ en 2019 et de 35 ¢ en 2020.

Ainsi, le salaire minimum atteindra 12,45 $ l'heure en 2020, soit la moitié du salaire horaire moyen que toucheraient alors les Québécois.

La ministre Vien explique que cette hausse du salaire minimum constituait un « équilibre entre une rémunération équitable pour les salariés et la capacité de payer des entreprises ».

Tout en rappelant que les futures hausses du salaire minimum feront toujours l’objet de décisions annuelles, Mme Vien estime que les intentions annoncées par le gouvernement permettront aux entreprises de prévoir les hausses et de s’y adapter à l’avance. Le gouvernement se garde le droit de modifier les hausses projetées pour les années à venir en fonction de l'état de l'économie.

« Notre réflexion a été animée par notre volonté d’améliorer la qualité de vie des travailleurs à faibles revenus sans nuire aux entreprises », poursuit-elle.

Si les entreprises ne sont plus capables de payer leurs employés et doivent diminuer les heures de travail ou pire, les licencier ou mettre la clé sous la porte, nous ne sommes pas avancés.

Dominique Vien

La ministre Vien ajoute que la décision de son gouvernement s’inscrit dans une tendance observable dans l’ensemble du Canada. Les provinces canadiennes tendent à fixer le salaire minimum pour qu’il représente environ 50 % du salaire moyen de leur population.

Le Québec occupe la 6e place - sur les 10 provinces - pour la valeur du salaire minimum et pour le ratio entre le salaire minimum et le salaire moyen de ses travailleurs. La hausse prévue pour le 1er mai prochain propulsera le Québec au 3e rang de ces deux classements.

À la recherche de l'équilibre

Cette augmentation est toutefois bien loin de celle réclamée par plusieurs syndicats et organismes, qui souhaiteraient voir le salaire minimum passer rapidement à 15 $ l'heure.

Le Parti québécois (PQ) et Québec solidaire (QS) sont également en faveur d’un salaire minimum à 15 $ de l’heure, alors que le gouvernement Couillard y est opposé. L’approche des deux partis d’opposition diverge toutefois sur les moyens de porter le salaire minimum à 15 $.

Le PQ prône une augmentation progressive du salaire minimum pour parvenir à l’objectif, alors que QS préconise une atteinte rapide du salaire minimum à 15 $ l’heure. La députée de QS Manon Massé a tenté d’obtenir une commission parlementaire pour étudier la question, mais les élus libéraux lui ont barré la route en votant contre sa motion à l’Assemblée nationale.

Nous ne pouvions pas augmenter le salaire minimum de 40 % d’un seul coup.

Dominique Vien

La ministre Vien estime que de hausser le salaire minimum à 15 $ l’heure de façon drastique aurait été « catastrophique » pour l’économie québécoise. « Même la FTQ ne demandait pas un 15 $ du jour au lendemain », a déclaré Mme Vien.

Entourée des ministres des Finances, Carlos Leitao, et de l’Emploi et de la Solidarité sociale, François Blais, Dominique Vien souligne qu’il est préférable de fixer le salaire minimum en fonction du salaire moyen plutôt que de le fixer arbitrairement à 15 $ comme le réclament le PQ, QS et d’autres groupes de pression.

En liant le salaire minimum au salaire horaire moyen, c’est ainsi la vigueur économique du Québec qui fixera en grande partie le salaire minimum.

Dominique Vien

Le ministre Leitao ajoute que le salaire minimum ne constitue pas la seule mesure permettant d’assurer la qualité de vie des travailleurs. Il avance que les mesures de soutien au revenu offertes par le gouvernement québécois font en sorte que les familles les plus démunies de la province se retrouvent parmi les mieux nanties des plus pauvres d’Amérique du Nord.

« Le revenu disponible des familles à faibles revenus est plus élevé que n’importe où ailleurs au Canada en raison de notre filet social », ajoute Mme Vien.

Tout en souhaitant améliorer le sort des familles à faibles revenus, Mme Vien précise qu’il est important que les travailleurs conservent un avantage sur les citoyens inscrits à l’aide de dernier recours.

Il est primordial que travailler au salaire minimum soit toujours plus payant que de demeurer sur l’aide de dernier recours.

Dominique Vien

Le ministre Blais abonde en ce sens estimant que « la règle d'or » consiste à garder un écart entre le salaire minimum et le revenu de dernier recours afin d'inciter les citoyens qui le peuvent à réintégrer le marché du travail.

De la compétitivité des PME

Le ministre Leitao souligne l’importance de tenir compte de la compétitivité des petites et moyennes entreprises québécoises (PME) qui créent quelque 80 % des nouveaux emplois dans la province. « Ce sont ces nouveaux emplois qui contribuent à améliorer la qualité de vie de nos familles », poursuit M. Leitao.

Dans cette optique, le ministre Leitao souhaite continuer d’alléger le fardeau fiscal des PME afin que les travailleurs profitent de leur prospérité.

De leur côté, les employés qui reçoivent des pourboires verront, quant à eux, l'augmentation de leur salaire minimum augmenter de la moitié de celui du salaire minimum des autres travailleurs.

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