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Le salaire minimum passera à 12 $ le 1er mai prochain au Québec

Le salaire minimum augmentera de 75 ¢ pour s'établir à 12 $ de l'heure, le 1er mai prochain, a annoncé Québec. C'est davantage que les hausses annuelles auxquelles les Québécois sont habitués.

En mai 2016 et en mai 2017, Québec s’était limité à des hausses de 50 ¢.

Le salaire minimum des salariés rémunérés au pourboire passera quant à lui à 9,80 $ de l'heure, une hausse de 35 ¢.

L’objectif du gouvernement, à terme, est que le salaire minimum corresponde, en 2020, à la moitié du salaire horaire moyen que toucheront alors les Québécois.

Selon les plus récentes prévisions, le salaire horaire moyen devait se situer à 24,25 $ en 2018-2019.

La hausse annoncée par la ministre responsable du Travail, Dominique Vien, profitera, selon les chiffres de Québec, à 352 900 salariés, soit 214 300 femmes et 138 600 hommes.

À 12 $ de l'heure, le salaire minimum au Québec sera, au 1er mai, le troisième plus élevé des provinces canadiennes, derrière l'Alberta (13,60 $) et l'Ontario (14 $).

Les PME inquiètes

Cette hausse inquiète la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI), qui craint qu’elle nuise aux PME. « Cette augmentation inattendue de 6,7 % représente une fois et demie ce qui avait été prévu pour 2018 », a réagi la porte-parole de la FCEI, Martine Hébert.

Mme Hébert avance que plusieurs PME subiront une pression accrue sur leur masse salariale, ce qui les mènera à « compenser ailleurs », notamment en retardant leurs plans d’embauche ou en augmentant leurs prix.

La porte-parole se demande si les travailleurs au bas de l’échelle en sortiront gagnants. « Malheureusement, même si on adhère à cet objectif, il existe de bien meilleurs moyens pour lutter contre la pauvreté », explique-t-elle.

Hausse insuffisante pour la CSN

La Confédération des syndicats nationaux (CSN) dit accueillir favorablement la hausse du salaire minimum à 12 $ de l’heure, mais elle estime que cela reste insuffisant pour de nombreux salariés qui peinent à joindre les deux bouts.

L’organisation syndicale maintient donc sa demande d’atteindre 15 $ de l’heure dans les plus brefs délais.

« Il n’est pas normal que des personnes qui travaillent à temps plein recourent à des banques alimentaires », explique le président de la CSN, Jacques Létourneau, en ajoutant que la hausse devrait toucher près de 10 % des travailleurs du Québec et ne leur permettra pas de sortir de façon durable de la pauvreté.

« La CSN ne lâchera pas le morceau, nous continuerons à militer pour que tous les travailleurs et travailleuses aient un revenu décent, et cela passe notamment par la hausse rapide et substantielle du salaire minimum », a déclaré le chef syndical.