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Le ton monte au deuxième jour de lock-out à l'ABI

Après une première journée de lock-out assez calme, l'intensité a monté d'un cran vendredi à l'Aluminerie de Bécancour inc. (ABI), alors que des syndiqués ont bloqué l'accès à des cadres qui voulaient se rendre à l'usine.

Les cadres se trouvaient à bord de deux petits autocars. Après une trentaine de minutes d'attente, ils ont rebroussé chemin.

La Sûreté du Québec (SQ) était sur place pour éviter qu'il n'y ait des débordements.

Une seule des trois lignes de production est active depuis le déclenchement du lock-out, jeudi à 3 h du matin. Ce sont des cadres de l'entreprise qui s'occupent de la faire fonctionner.

Les négociations au point mort

Le directeur du Syndicat des métallos, Alain Croteau, s'est rendu à l’usine de l’ABI vendredi après-midi pour s’adresser aux syndiqués et aux médias. Il était accompagné du président de la section locale 9700, Clément Masse.

Le Syndicat des métallos, affilié à la FTQ, a réitéré son désir de retourner à la table de négociation. Son directeur dit ne pas comprendre pourquoi l'employeur a quitté la table des négociations alors que les deux parties étaient « très près » d'une entente.

Quelques heures seulement après le déclenchement du lock-out, les deux parties ont participé à une rencontre de médiation.

La réunion a eu lieu jeudi après-midi, en présence d’un médiateur-conciliateur du ministère du Travail du Québec.

Malgré tout, les négociations sont toujours au point mort, selon le Syndicat des métallos.

Un représentant de l’ABI était présent à la rencontre, mais il n'avait pas reçu des propriétaires le mandat de négocier, nous ont mentionné des sources syndicales.

Rien n'a filtré de cette rencontre, qui s'est déroulée dans un lieu tenu secret, à Trois-Rivières.

Rejet massif des offres patronales

Mercredi après-midi, on apprenait que les syndiqués avaient rejeté à 80,3 % l’offre patronale qualifiée de finale par la direction. Le Syndicat avait alors invité la direction de l’ABI à reprendre les négociations.

Environ 12 heures plus tard, en pleine nuit, l'ABI décrétait un lock-out.

Par voie de communiqué, l’entreprise a affirmé que « l'offre présentée était très compétitive, parmi les meilleures dans le secteur manufacturier au Québec ».

Les points en litige sont le régime de retraite et le respect de l’ancienneté dans les mouvements de main-d’oeuvre, selon les métallos.

La convention collective des 1030 travailleurs est échue depuis le 22 novembre.

Une première offre patronale avait été rejetée à 97 % par les syndiqués ce jour-là. Les travailleurs avaient du même coup voté en faveur d'un mandat de grève à utiliser « au moment opportun ».