Parcourir les 900 kilomètres du tour de la Gaspésie se fait comme un jeu d'enfant en voiture électrique. La raison en est bien simple : on compte davantage de bornes de recharge rapide autour de la péninsule gaspésienne que sur toute l'île de Montréal.

Un texte de Denis Leduc

Si la Gaspésie peut se targuer d'être à l'avant-garde face au développement de cette nouvelle technologie, c'est essentiellement grâce à un homme. Dany Bergeron, un conseiller municipal de Mont-Louis, a rêvé, puis a réalisé le déploiement des bornes rapides. Et son rêve n'est pas terminé.

M. Bergeron prévoit que le déploiement sera terminé d'ici la fin de l'année. La particularité, c'est que les automobilistes pourront utiliser ces bornes gratuitement pendant trois ans, car des commerçants ont été associés à la démarche et invités à assumer cette facture.

Un réseau qui couvre toute la péninsule

Les 11 bornes qui permettent de recharger une voiture électrique standard en 15 à 20 minutes ont été installées à l'été 2016 tout au long de la route 132.

Un marché marginal, mais en progression

La voiture électrique demeure un phénomène marginal autant en Gaspésie que pour l'ensemble du Québec.

Selon les données de la Société de l'assurance automobile, les véhicules électriques ou hybrides ne représentent que 1 % du parc automobile québécois. On compte 25 000 véhicules de ce type au Québec dont seulement 80 en Gaspésie, 111 sur la Côte-Nord et 429 au Bas-Saint-Laurent.

Benoit Bujold estime que le plus grand frein au développement de l'automobile électrique demeure les craintes au sujet de l'autonomie de ces véhicules. Il évoque aussi la question du prix d'achat.

Il s'est amusé à comparer les coûts d'énergie et d'entretien de voitures comparables, l'une à essence, l'autre à l'électricité. Il en est venu à la conclusion que la voiture électrique coûte environ 140 $ de moins par mois que la voiture à essence.

Une transition lente

Lise Chartrand, du groupe Ensemble pour l'avenir durable du Grand Gaspé, est l'image de l'opposition au développement pétrolier à Gaspé. Elle voit dans le développement de la voiture électrique un moyen de briser la dépendance de nos sociétés au pétrole.

Elle n'est pas propriétaire d'une voiture électrique, mais elle y songe.

Sur la route de l'électrification des transports, elle cite les mêmes obstacles que Benoit Bujold : le prix d'achat et l'autonomie des véhicules.

Notre tour électrique de la Gaspésie

Nous avons fait le tour de la Gaspésie en voiture électrique avec un double objectif : tester le comportement de ce type de véhicule sur un circuit de 900 kilomètres et observer le réseau de recharge électrique déployé tout autour de la péninsule.

Nous avons utilisé la voiture électrique de nos collègues de Québec. Il s'agit d'une Nissan Leaf 2016 avec une autonomie de 170 kilomètres.

Un chroniqueur automobile en a déjà parlé comme de la voiture du peuple, car son prix d'achat d'environ 32 000 $ se rapproche de celui d'une voiture comparable une fois soustraite la subvention gouvernementale de 8000 $ pour l'achat d'un véhicule électrique neuf.

Plus long, moins cher

Les voitures électriques ne sont généralement pas reconnues pour leur grande efficacité sur les longues distances.

La chose s’est confirmée lors de notre périple. Il n'y a eu aucun problème, mais le temps de déplacement a été plus long qu'il ne l'aurait été en voiture à essence.

À titre d'exemple, la première partie du voyage, les 400 kilomètres entre Rimouski et Gaspé, a nécessité quatre recharges qui, au total, ont duré 64 minutes.

L'avantage, c'est le coût d'utilisation : 10,88 $ pour ces quatre recharges.

Un tel trajet avec une voiture à essence peut coûter, selon les modèles, entre 35 $ et 65 $. Et même plus si on utilise un véhicule de type VUS.