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Le vélo québécois Bixi poursuit sa conquête du monde

Le Bixi continue de faire des petits à travers la planète. Un nouveau contrat est annoncé ce matin et une dizaine d'autres villes sont intéressées, dont plusieurs en Asie. La PME de Longueuil qui a racheté le service à la Ville de Montréal il y a deux ans, jour pour jour, ne regrette pas son choix.

Un texte de Thomas Gerbet

L'entreprise PBSC Solutions Urbaines annonce la vente de 1000 nouveaux vélos Bixi et 120 nouvelles stations à Toronto, ce qui doublera l'offre dans la Ville-Reine. Par ailleurs, cet été, la capitale d'Hawaï, Honolulu, accueillera ses premiers vélos en libre-service fabriqués au Québec.

D'ici la fin de l'année, 50 000 vélos de la compagnie québécoise rouleront à travers le monde.

Le Bixi (et ses différentes appellations) circule déjà dans une quinzaine de villes comme New York (7000 vélos), Chicago (5000 vélos), mais aussi Londres, au Royaume-Uni (11 000 vélos) et Melbourne, en Australie (700 vélos). Ces derniers mois, PBSC (Public Bike Sharing Compagny) a aussi vendu son service à deux villes du Mexique : Toluca et Guadalajara.

Pour consulter sur votre appareil mobile la carte des villes qui ont adopté les vélos de PBSC, cliquez ici.

PBSC affirme avoir une dizaine de discussions « sérieuses », à l'étape des soumissions, avec des villes d'Amérique, d'Europe et d'Asie. L'entreprise a d'ailleurs développé un nouveau vélo plus petit et plus léger, le « Fit », spécialement conçu pour percer les marchés asiatique et latino-américain.

« L'industrie du vélo partage a le vent dans les voiles », se réjouit le chef de la direction de l'entreprise, Luc Sabbatini, qui a doublé en quelques mois le nombre de ses employés (50). « Une ville ne se sent pas cool si elle n'a pas son service de vélo. (...) Évidemment, ça facilite notre travail, on n'a pas besoin de solliciter les marchés : les marchés nous sollicitent. On a de la difficulté à pouvoir fournir à la demande un peu partout ».

Plusieurs compagnies se font concurrence à travers le monde dans cette industrie qui pèsera près de 8 milliards de dollars en 2020, selon des analystes. 500 villes dans environ 50 pays disposent d'un système de vélo en libre-service.

De la faillite au succès

Il y a deux ans jour pour jour, la PME de Longueuil a racheté le volet international de Bixi pour quatre millions de dollars. À l'époque, la société paramunicipale montréalaise créée en 2008 était en grande difficulté : dette de 50 millions de dollars, manque de liquidités, retards de livraison, ratés du logiciel, poursuites judiciaires... Par ailleurs, le gouvernement provincial n'aimait pas l'idée qu'une ville vende des produits à d'autres villes.

Montréal est alors passée de propriétaire à cliente, comme n'importe quelle autre municipalité qui acquiert le service. Elle n'a gardé que la gestion de Bixi-Montréal qui dispose de 5 000 vélos et engrange maintenant des surplus budgétaires.

Luc Sabbatin pense lui aussi que « ce n'est pas dans l'ADN d'une ville de faire des activités commerciales ». Il tient toutefois à rendre hommage à ceux qui ont lancé Bixi en 2008 : « On devrait être fier de ce qui a été créé ici à Montréal ».

Bientôt des Bixi électriques à Montréal ?

La compagnie PBSC lancera cette semaine un appel d'offres mondial pour son nouveau vélo électrique « Boost ». Il s'agit d'une structure de Bixi munie d'un moteur intégré à la roue arrière, d'une batterie à grande autonomie et d'un régulateur de puissance pour garder la cadence sans effort.

Les villes intéressées pourront l'offrir aux citoyens dès l'automne. Les gens de Bixi-Montréal sont « intéressés » affirme Luc Sabbatini. « Ils ont vu nos produits, on les tient au courant ». La porte-parole de Bixi-Montréal, Bérengère Theriault, rappelle cependant que la Ville lui a donné le mandat d'utiliser les 5000 vélos déjà en circulation jusqu'en 2019. Il faudrait que les élus décident d'un changement d'orientation avant de pouvoir monter la côte Berri sans effort. 

Un GPS pour vélo créé à Montréal sur les nouveaux Bixi

PBSC a signé une entente avec les Montréalais à l'origine du nouveau GPS pour vélo SmartHalo. D'ici la fin de l'été, les villes qui le souhaitent pourront acheter des vélos Bixi munis du système. 

La PME de Longueuil a investi deux millions de dollars en recherche et développement l'an dernier et elle compte dépenser encore davantage cette année. Elle dispose de 125 brevets à travers le monde.

Les villes qui signent des contrats achètent à la fois le système et les vélos, mais également les pièces de rechange. Elles doivent aussi payer mensuellement pour exploiter le logiciel.

Le défi de garder la production au Québec

L'usine de Saguenay peut produire 2000 vélos Bixi par mois. PBSC étant très sollicité, réussira-t-elle à maintenir sa production ici ? « Notre objectif, c'est de rester québécois », répond Luc Sabbatini.

Pour faire face à la forte demande, PBSC s'est assurée de mieux coordonner ses fournisseurs pour produire et livrer à temps, ce qui n'a pas été le cas dans le passé, à New York par exemple. Mais de plus en plus de villes exigent dans les contrats qu'une partie de la production se fasse localement. « Il faut jouer avec ça, mais c'est notre priorité... on penche davantage pour les fournisseurs québécois ».

« Ce sera un beau problème quand on aura atteint le quota maximum, mais on trouvera des solutions à ce moment-là. », dit le chef de la direction de PBSC.

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