Les commerces zéro déchet et ceux qui ont banni tout emballage ont le vent dans les voiles à Vancouver. Les initiatives se multiplient et tant les commerces que les consommateurs y trouvent leur compte.

Un texte de Noémie Moukanda

Acheter son détergent de lessive, son huile ou encore son vinaigre en vrac, c'est possible dans plusieurs commerces de Vancouver. De plus, ces achats se font avec vos propres contenants ou sacs parce que dans ces magasins, les emballages sont persona non grata.

The Soap dispensary est l’un des magasins qui se sont imposés à Vancouver. Sa propriétaire, Linh Truong, a misé sur le gros lot en faisant le pari du zéro déchet. « Les affaires fonctionnent bien », se réjouit-elle.

Le magasin a par ailleurs diversifié ses fournisseurs, toujours avec le souci d’offrir des produits qui respectent l’environnement.

Répondre à la demande

En 2011, The Soap Dispensary a démarré avec 30 000 $ de budget. Les premiers mois, l'entreprise a fonctionné à perte et ne comptait aucun employé. Aujourd’hui, elle occupe une surface quatre fois plus grande qu’à ses débuts. Elle emploie 20 personnes et se fournit auprès d’une centaine de marques pour répondre aux besoins de sa clientèle.

Ce succès a néanmoins son revers de médaille, reconnaît Mme Truong. La demande est telle qu’il faut parvenir à garder le rythme, car le travail est soutenu.

Linh Truong estime que cette lourdeur des tâches est plus imposante que « dans un magasin normal, où tu mets juste les articles sur une étagère et les gens n’ont qu’à les prendre et passer à la caisse ». Sans compter que les différents bocaux, bouteilles et autres récipients doivent être nettoyés avant de les renvoyer aux fournisseurs.

« La réutilisation de produits ou autres implique un certain labeur, mais ce qui doit être fait doit l’être », souligne la propriétaire du magasin.

Un marché en plein boom

Bien que les concepts zéro déchet et zéro emballage gagnent en popularité, madame Truong n’envisage pas d’ouvrir un autre magasin. Selon elle, « ce genre de commerce doit rester aux mains d’indépendants et ne pas devenir des chaînes ».

Linh Truong remarque d’ailleurs « qu’en à peine deux mois, trois commerces ont ouvert dans un périmètre d’un kilomètre carré de son magasin ». Elle ne redoute pas cette concurrence, car chaque initiative apporte une touche personnelle à ce mouvement qu’elle estime mondial. Elle croit en effet que tout le monde a sa place sur ce nouveau marché en plein essor.

Contrairement à son expérience, elle ajoute qu’un tel commerce aujourd’hui est rentable immédiatement.

De l’éphémère au durable

Depuis deux semaines et demie, l’épicerie Nada a un emplacement permanent dans l’est de Vancouver. Après trois années de concept éphémère, ses gestionnaires se réjouissent du succès rencontré.

Pour Alison Carr, copropriétaire de l’épicerie, la communauté que Nada a réussi à bâtir dans les différents quartiers où le magasin s’est implanté les dernières années contribue fortement au succès rencontré.

En peu de temps, l’épicerie attire des clients de tous les âges et de toute la région de Vancouver. Madame Carr croit que si son commerce est fréquenté par une population si large, c’est parce qu’un magasin entièrement sans déchet ni emballage demeure encore « rare ».

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