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Les activités officiellement prolongées à l’usine Vaudreuil de Rio Tinto

Le géant de l'aluminium a annoncé officiellement des investissements de 250 millions de dollars au complexe Jonquière, lundi matin, lors d'une conférence de presse à l'usine Vaudreuil.

La semaine dernière, la haute direction de Rio Tinto avait confirmé ces investissements imminents pour assurer la prolongation de la production au-delà de 2022 au Saguenay.

L'investissement vise à ajouter une usine de filtration des résidus de bauxite afin de faciliter leur entreposage et améliorer leur valorisation.

Ce nouveau traitement permet aussi de repousser à 2028, soit dans 10 ans, l'agrandissement du parc à résidus, le fameux site de boues rouges.

Le directeur du Complexe Jonquière de Rio Tinto, Jean-François Nadeau, reconnaît que la pression populaire a incité l'entreprise à améliorer ses procédés.

« Dans une collaboration entre la direction, le syndicat, les employés et la communauté, on a revu les méthodes de fonctionnement de cette usine afin qu’elle demeure un atout stratégique important pour l’entreprise », souligne Jean-François Nadeau.

Il ajoute que cet investissement permet à l’usine Vaudreuil de se tourner vers l’avenir.

Les réactions

Le Comité pour un Vaudreuil durable, dont des représentants ont été rencontrés par Rio Tinto tout juste avant l’annonce, déplore que la multinationale maintienne son intention d'agrandir le parc de résidus de bauxite (site de boues rouges) à proximité des résidences du quartier panoramique à Chicoutimi.

Même si cette perspective est repoussée en 2028 et que la direction de Rio Tinto soutient que l'investissement annoncé réduit le volume des résidus, il reste toujours des inquiétudes.

Sur cet aspect, le comité mise sur les efforts de valorisation des résidus qui pourraient réduire considérablement l'enfouissement et peut-être, éliminer les besoins d'espace supplémentaire.

Pour sa part, le premier ministre du Québec juge que, même sans changements, le projet passe le test de l'acceptation environnementale.

« Le processus d'émission des certificats d'autorisation est un processus très serré. Il n'y a pas eu de coins coupés ronds là-dedans. Ça a été fait de façon très rigoureuse dans lequel l'opinion des citoyens est prise en compte. Mais je sais une chose : la vaste majorité des citoyens de la région voulait absolument qu’on ne perde pas ces mille jobs-là », a déclaré Philippe Couillard.

Le premier ministre s’est dit très heureux que cet investissement enlève l'épée de Damoclès qui pesait sur les travailleurs et leurs familles depuis plusieurs années, à savoir si l’usine Vaudreuil allait fermer.

La mairesse de Saguenay, Josée Néron, entend capitaliser sur ces investissements qui envoient de nouveau le message que Saguenay est un bon endroit pour investir.

Une annonce qui marque, selon elle, la fin d'une période de morosité économique.

Elle a précisé que Promotion Saguenay aura le mandat de travailler sur ces dossiers.

Un peu plus de 200 emplois vont être créés en lien avec la phase de construction, qui doit se terminer en 2020.

L’usine Vaudreuil du Complexe Jonquière est en opération depuis 1936. On y transforme la bauxite en alumine pour la production d’aluminium.

En 2017, selon Rio Tinto, l’usine Vaudreuil a importé 3,7 millions de tonnes de bauxite en provenance de l’Afrique et du Brésil.

D'après le reportage de Denis Lapierre

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