Retour

Les agriculteurs et Ottawa unis en vue de la renégociation de l’ALENA

La ministre des Affaires étrangères du Canada, Chrystia Freeland, était à Edmonton vendredi pour tenir une table ronde de consultation sur la renégociation de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA). Elle s'est entretenue avec des intervenants du secteur de l'agriculture, qui disent avoir eu pleinement droit à son écoute.

Un texte de Nicolas Pelletier

« En tant que fille d'un producteur agricole, je comprends très, très bien le point de vue des agriculteurs de l'Alberta », lance d’emblée Chrystia Freeland, originaire du nord-ouest de la province.

Autour de la table se trouvaient des représentants des différents secteurs agricoles, comme le grain, les céréales, les légumineuses et l’industrie viticole.

L'Association canadienne des éleveurs de bétail, pour qui les États-Unis représentent 70 % des exportations, était aussi présente.

Son vice-président, Dennis Laycraft, estime que tous s'entendent sur la position à adopter en vue de la renégociation de l'ALENA. Celle-ci doit privilégier le libre-échange et l'établissement d'un mécanisme de résolution des conflits propre à l'Amérique du Nord.

Le président du conseil d'administration de l'Alliance canadienne du commerce agroalimentaire, Brian Innes, croit que certains secteurs pourraient bénéficier de changements sur le plan réglementaire.

« C’est vrai que nous avons un accès sans tarifs pour presque tous les produits que le Canada exporte, explique-t-il, mais il y a quelques exceptions comme le sucre et la margarine. »

Conflits

En novembre, les producteurs bovins avaient fait part de leurs préoccupations face à un possible retour de l'étiquetage sur le pays d'origine de la viande, une mesure souhaitée par le président américain, Donald Trump.

La pratique a été jugée déloyale une première fois par l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en 2011, puis une nouvelle fois en 2015.

Lorsqu’il était en vigueur, les producteurs albertains de boeuf estimaient que l’étiquetage lui coûtait plusieurs centaines de millions de dollars chaque année au profit des Américains. L'an dernier, le Canada a envoyé l'équivalent de 1,7 milliard de dollars de produits de boeuf vers les États-Unis, selon les données de l’Association des éleveurs de bétail.

Ces derniers ont déclaré dans un communiqué, en mai, que les producteurs bovins mexicains et américains se ralliaient à ceux du Canada dans leur opposition au retour de l’étiquetage sur le pays d’origine. « Ce front commun nous rassure », a reconnu Dave Solverson, représentant de l’industrie albertaine du boeuf.

Après Edmonton, la ministre Freeland doit rencontrer des syndicats de travailleurs mardi à Toronto, avant de se rendre le lendemain à Washington pour la première ronde de négociation avec les États-Unis et le Mexique, qui aura lieu du 16 au 20 août.

Plus d'articles

Commentaires