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Les agriculteurs se disent écrasés par le fardeau des taxes foncières

Plus d'une centaine d'agriculteurs montérégiens ont tenu une manifestation, mardi, devant les bureaux du ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, à Saint-Hyacinthe, pour réclamer de Québec qu'il réforme le programme de fiscalité foncière agricole.

La Fédération de l'Union des producteurs agricoles (UPA) de la Montérégie a indiqué avoir mis cette opération sur pied à la suite du refus du ministre Laurent Lessard de la rencontrer. Ce dernier ne restera pas son interlocuteur bien longtemps, puisqu'il ne sollicitera pas de nouveau mandat en octobre prochain.

Les producteurs agricoles demandent au gouvernement « de mettre en place des solutions durables pour freiner l'augmentation du fardeau fiscal des entreprises agricoles », a précisé la Fédération. C’est depuis 2005 que les agriculteurs du Québec lui réclament de telles modifications.

La valeur des terres agricoles augmente de 8 ou 9 % par année et le compte de taxes augmente tout autant. En Montérégie, la hausse est encore plus importante, à cause de la proximité de grands centres urbains qui occasionne une certaine spéculation.

« Quelqu’un qui a une ferme de 330 acres – ce qui est la ferme moyenne ici –, en 2017, le coût net de ses taxes foncières agricoles représentait 7 % de son revenu net. En 2020, selon nos prévisions – et on est conservateurs –, les coûts des taxes qu’il devra assumer si rien de change seront de 22 % de ses revenus nets », a expliqué Marcel Groleau, président de l’UPA du Québec, en entrevue.

M. Groleau s’est aussi adressé aux administrations municipales, qui « doivent arrêter de voir les terres agricoles comme [une source de] revenus sans fin », selon lui.

L’UPA de la Montérégie souligne que les taxes foncières payées par les producteurs sont passées de 35,7 millions de dollars en 2007 à 62 millions de dollars en 2017, une augmentation qu’elle juge « démesurée ».

Les solutions que l’UPA de la Montérégie préconise sont les suivantes :

  • limiter la valeur imposable à 20 000 $ par hectare;
  • imposer un taux de taxe maximal de 0,80 $ par 100 $ d’évaluation;
  • abolir le plafond de 5 % d’augmentation annuelle de l’enveloppe du Programme de crédit de taxes foncières agricoles.

« Le cri d’alarme lancé par les agriculteurs du Québec depuis 2005 est resté sans réponse du gouvernement », déplorait le président de la Fédération de l'UPA de la Montérégie, Christian St-Jacques, dans une lettre adressée à ses membres en mai dernier.

Six députés du Parti québécois et trois de la Coalition avenir Québec étaient présents avec les agriculteurs mardi. Ils ont promis de s’asseoir avec les municipalités pour réformer la fiscalité si leur formation est portée au pouvoir lors des prochaines élections.

Avec des informations de René Saint-Louis