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Les baby-boomers qui se défont de leur maison, de plus en plus nombreux

Autre conséquence du vieillissement de la population, les baby-boomers sont de plus en plus nombreux à se départir de leur résidence, souvent plus grande et plus luxueuse, pour acquérir une demeure plus modeste, près des services. Le phénomène se fait particulièrement sentir en banlieue et dans les zones de villégiature.

Ginette Poitras et Régent Dumoulin font partie du lot. Leur magnifique maison canadienne sur le bord du Richelieu est à vendre. « Trop d'entretien, trop grand, trop vieux. Il est temps qu'on rapetisse un peu. Et c'est la seule et unique raison, parce que j'adore le bord [de la rivière] », explique Régent Dumoulin.

Le couple n'est pas le seul à afficher « à vendre ».

Les pancartes abondent sur le chemin qui borde la rivière. « Les maisons du bord de l'eau, c'est la troisième ou quatrième maison [qu'on achète], ce n'est pas la première maison parce qu'elles sont dispendieuses. Donc, quand les gens partent, c'est parce qu'ils sont plus âgés », explique Michel Robichaud, directeur d'agence et courtier immobilier à Saint-Denis-sur-Richelieu.

Selon lui, la multiplication des propriétés mises en vente est en partie due aux répercussions de trois années difficiles. « Ce sont des propriétés qui ont été en vente et qui n'ont pas été vendues. Donc [elles sont] en vente encore l'année suivante avec celles qui se sont ajoutées pour différentes raisons : divorces, transferts, etc. »

Toutefois, Michel Robichaud reconnaît que le facteur du vieillissement se fait sentir. « Ça commence à paraître, je pense, un peu plus; on voit des gens qui doivent vendre à cause de l'âge, pour se rapprocher des hôpitaux, des services de transport en commun », ajoute-t-il.

« Dans les secteurs de villégiature, là où il y a une proportion plus élevée de ménages de 65 ans et plus, le ratio offres-demandes sur le marché de la revente est également plus élevé », explique Paul Cardinal, directeur du service Analyse du marché de la Fédération des chambres immobilières du Québec.

Une étude de cette fédération sur 10 zones de villégiature établit une corrélation entre le nombre de mois qu'une maison reste sur le marché de la revente et la proportion de ménages de 65 ans et plus. Résultat : plus la proportion de retraités est élevée, plus la résidence est longue à vendre.

Par exemple, dans Charlevoix, où la proportion de ménages de 65 ans est de 38 %, les résidences restent en moyenne 297 jours sur le marché.

Selon les analystes, dans une dizaine d'années, le vieillissement de la population risque de bouleverser profondément le marché immobilier.

D'après le reportage de Maxime Bertrand

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