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Les caisses et coopératives de crédit ne peuvent plus employer le terme « banque »

Les caisses populaires et coopératives de crédit du Canada n'ont plus le droit d'utiliser les termes « banque », « banquier » et « opérations bancaires ». Une décision du Bureau fédéral du surintendant des institutions financières (BSIF) que les gestionnaires des caisses et coopératives qualifient de « déraisonnable ».

Les caisses populaires et coopératives de crédit du pays se préparent à mener une bataille des mots contre le gouvernement fédéral.

Le 30 juin dernier, le BSIF a annoncé son intention d’imposer ce changement pour éviter que les fournisseurs de services financiers non bancaires n’utilisent ces termes qui portent à confusion pour le public.

Les caisses et coopératives de crédit devront retirer les termes « banque », « banquier » et « opérations bancaires » de leurs sites Internet d'ici la fin de l'année, des documents imprimés d'ici le 30 juin 2018 et des panneaux d’affichage d'ici la fin de juin 2019.

« C’est important pour les consommateurs de savoir quand ils font affaire avec une banque ou un autre type d’institution financière », affirme un fonctionnaire fédéral dans un courriel.

« Permettre aux institutions non bancaires d’utiliser des termes bancaires (« banque », « banquier » et « opérations bancaires ») donne aux consommateurs la fausse impression, qu’ils font affaire avec une banque fédérale assujettie aux obligations et à la protection créée par le cadre bancaire fédéral », écrit le porte-parole fédéral.

Selon ce représentant, « il existe plusieurs autres alternatives à ces mots que les institutions non bancaires peuvent utiliser pour décrire leurs services. »

Joël Rondeau, directeur général de Caisse Groupe Financier au Manitoba n’est pas du même avis.

« Ça fait des années et des années que tout le monde s’en sert et là tout d’un coup, pour une raison ou une autre, ils pensent que c’est un problème et exigent qu’on arrête de les utiliser. On ne trouve pas que c’est raisonnable », dit-il.

L’homme d’affaires voit mal comment décrire différemment les services offerts par sa coopérative financière.

« C’est certainement problématique en termes de comment on décrit les activités qu’on fait à la Caisse, dit-il. On sait tous que c’est du langage communément utilisé par les gens qui viennent faire les transactions bancaires à la Caisse ou dans une institution financière. »

Des changements qui coûteront cher

Alors que le slogan de la Credit Union Atlantic (CAU) est « The better way to bank  » (« La meilleure façon de faire d'effectuer opérations bancaires »), sa présidente et directrice générale Marie Mullally croit que le changement imposé coûtera des millions de dollars à son institution financière, notamment pour apporter les changements sur les pages Internet et sur les panneaux d’affichage.

Des coûts qui devront être absorbés par les caisses et coopératives financières.

« Ça va être à nous et nos membres de payer pour changer nos sites web, tout ça, parce qu'il va y avoir certainement des coûts », estime pour sa part Joël Rondeau, directeur général de Caisse Groupe Financier.

Pour la professeurw Ellen Crumley de l’Université Dalhousie, ce sera une occasion pour les institutions non bancaires de se distinguer et de se repositionner. « En fin de compte, je ne pense pas que ça va nuire à leur identité comme organisation et comme coopératives », dit-elle.

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