Retour

Les Canadiens habitent-ils près de leur travail?

Si la plupart des emplois demeurent très concentrés dans les régions urbaines, les Canadiens travaillent de plus en plus dans les banlieues. Consultez nos cartes pour découvrir où habitent les travailleurs de quatre grandes villes canadiennes.

Un texte de Mélanie Meloche-Holubowski

Si les Canadiens parcourent une distance médiane de 7,7 km pour se rendre au travail, de nombreux travailleurs parcourent de plus grandes distances puisqu’ils habitent dans les banlieues et villes avoisinantes.

Selon les nouvelles données du recensement 2016 de Statistique Canada, 73,5 % de tous les travailleurs qui doivent se déplacer vivaient dans une région métropolitaine, un nombre en hausse par rapport à 1996 (70,5 %).

Statistique Canada observe que de plus en plus de Canadiens ont un travail dans les banlieues. Meilleurs emplois, meilleur transport en commun; les travailleurs ont désormais plus de choix. De plus, le coût de l’immobilier qui monte en flèche dans les métropoles pousse de plus en plus de personnes vers les villes adjacentes aux grands centres.

« Les banlieues se développent rapidement, mais ça commence à changer. On observe un ralentissement de la croissance des banlieues, mais ça ne sera pas un changement radical », dit Jean-Philippe Meloche, de l’Observatoire de la mobilité durable de l’Université de Montréal.

C'est dans les villes de Montréal, Toronto, Vancouver et Calgary que l'on observe le plus de mouvement de travailleurs.

TORONTO

Plus de 80 % des Torontois vivent et travaillent dans la métropole. Environ 40 % des habitants de Vaughan et de Mississauga travaillent à Toronto, contrairement à Brampton où seulement 20 % des travailleurs vont dans la métropole ontarienne (36 % restent à Brampton et 28 % vont à Mississauga). Par ailleurs, la moitié des travailleurs de Pickering vont à Toronto.

MONTRÉAL

Plus de 82 % des Montréalais travaillent dans leur ville de résidence. Environ 3 % travaillent à Laval et 2 % à Dorval. De nombreux travailleurs de Terrebonne se rabattent sur Montréal (36 %) et Laval (15 %); mais près du quart restent dans leur lieu de résidence.

Un peu plus de la moitié des Lavallois vont à Montréal pour travailler et 38 % d’entre eux travaillent à Laval. Ces travailleurs se rabattent ensuite vers les villes voisines, comme Terrebonne, Saint-Eustache et Mirabel.

Le quart des Blainvillois se rendent à Montréal, 18 % se rendent à Laval et 16 % restent dans leur ville de résidence. Presque autant de Longueuillois travaillent à Montréal qu’à Longueuil (environ 35 % respectivement). Du côté de la Rive-Sud, presque 50 % des Brossardois vont à Montréal, seulement 20 % restent dans leur ville de résidence pour travailler.

À Vaudreuil-Dorion, presque autant de personnes travaillent dans leur ville qu'à Montréal. Les autres gagnent leur vie dans l’ouest de l’île de Montréal et à Salaberry-de-Valleyfield.

Ailleurs au Québec, environ un Sherbrookois sur huit travaillait dans une région rurale à l’extérieur de Sherbrooke ou Montréal. À Trois-Rivières, un travailleur sur cinq travaillait ailleurs qu’à Trois-Rivières, Shawinigan ou Montréal.

VANCOUVER

Environ 68 % des Vancouvérois travaillent là où ils habitent; environ 9 % vont à Burnaby et la même proportion à Richmond.

Près de la moitié des travailleurs de Surrey y résident. Environ le tiers des résidents de North Vancouver (30 %), de Burnaby (31 %) et de Richmond (26 %), des villes plus proches du centre-ville de Vancouver, vont travailler dans la métropole. Pour 31,6 % des travailleurs d’Abbostford-Mission, leur lieu de travail se situe dans la région de Vancouver.

CALGARY

À Calgary, la majorité des travailleurs (490 135 personnes) habitent dans la métropole, ou dans les villes avoisinantes, comme Airdrie (3175 personnes), Rocky View County (9965 personnes) et Foothills (2795 personnes).

Conséquence du développement de l’industrie pétrolière et des sables bitumineux dans le nord de l’Alberta, plus de 2700 Calgariens travaillent à Wood Buffalo, une région qui inclut la ville de Fort McMurray et qui a connu un rythme de croissance très rapide. Ces travailleurs doivent donc parcourir plus de 700 km pour se rendre au travail.

Par ailleurs, à Wood Buffalo, 4000 travailleurs venaient de la Colombie-Britannique et environ 4000 des provinces de l'Atlantique.

Les travailleurs vont là où se trouve le transport en commun

Si la voiture est toujours reine pour les travailleurs, au cours des 20 dernières années le nombre de travailleurs utilisant le transport en commun dans les régions métropolitaines de recensement a augmenté de 58,7 % et le nombre de travailleurs à vélo a augmenté de 87,9 %.

« Pour l’instant, l’utilisation du transport en commun n’est pas favorable en banlieue », dit Jean-Philippe Meloche, qui ajoute qu’il faut arrêter de développer les territoires en périphérie. L'important, selon lui, est d'investir dans un réseau efficace de transport en commun.

D'ailleurs, en observant les données des villes avoisinant les grands centres urbains, il est évident que les villes dotées de systèmes de transport plus développés ont beaucoup plus d'usagers qui les utilisent pour accéder au centre-ville. Offrir du transport en commun plus convivial et moins dispendieux que la voiture est la meilleure façon, selon M. Meloche, de freiner l'étalement urbain et encourager l'utilisation de transport durable.

Plus d'articles

Commentaires