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Les Canadiens ignorent souvent les rappels d'aliments, selon une étude

Une étude réalisée à l'Université Dalhousie, à Halifax, conclut que les Canadiens ne sont pas suffisamment renseignés au sujet des rappels d'aliments.

Un sondage réalisé le mois dernier auprès de 1049 répondants montre que la majorité sous-estime le nombre de rappels d’aliments et que plusieurs arrivent difficilement à se rappeler des précisions de ceux-ci. La marge d’erreur du sondage est de 3,1 %, 19 fois sur 20.

Il y a eu 155 rappels en 2017. Plus de 60 % des répondants au sondage ont sous-estimé le nombre de rappels d’au moins 100.

« La majorité des Canadiens sous-estiment le nombre de rappels, ce qui nous donne une indication du nombre de rappels dont le public canadien ne prend pas connaissance », affirme Sylvain Charlebois, doyen de la Faculté de gestion de l’Université Dalhousie et auteur principal de l’étude.

Dans le cadre du sondage, les chercheurs ont présenté aux répondants les éléments de trois rappels survenus au cours des deux dernières années ainsi que d’un rappel fictif. Un peu plus de 40 % des répondants se souvenaient d’un rappel en particulier qui touchait les fruits et les légumes congelés. Étonnamment, près de 9 % des répondants ont dit avoir conservé le souvenir du rappel fictif.

« Les consommateurs semblent être bombardés d’informations diverses et ils ont tendance à ne pas prêter attention aux rappels, parce qu’il y en a tellement », déplore Sylvain Charlebois.

De l'information déficiente, selon les chercheurs

Les chercheurs croient que le problème est peut-être attribuable à la qualité de l’information qui est communiquée par les gouvernements.

Le sondage a démontré que 72 % des répondants avaient pris connaissance des rappels par l’entremise des médias traditionnels (télévision, radio et journaux), alors que seulement 8,3 % tenaient l’information de sources gouvernementales.

De multiples façons de s'informer, selon l'ACIA

L’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) affirme communiquer l'information détaillée de rappels sur son site web, dans des médias sociaux comme Twitter et Facebook et directement auprès des abonnés à ses avis électroniques. Une application de Santé Canada livre également de l’information sur tous les produits rappelés.

La chef adjointe de la salubrité des aliments à l’agence, Aline Dimitri, a une explication simple à offrir concernant les résultats de l’étude.

Elle estime que le sondage de l’Université Dalhousie démontre en fait que le système fonctionne, puisque 80 % des répondants pouvaient citer au moins un rappel survenu au cours des deux dernières années.

Sylvain Charlebois suggère à l’agence d’au moins prévenir la population lorsque les rappels sont levés, ce qu’elle ne fait pas actuellement. Le système en serait renforcé, selon lui.

« On entend rarement parler des détails d’une enquête [...] des mesures qui sont prises pour remédier à la situation, et il n’y a aucune mention du moment où il est possible de recommencer à consommer un produit », dit-il.

Cette mention n’est pas faite pour une bonne raison, rétorque Mme Dimitri. Les rappels, dit-elle, ne sont jamais complètement levés. Des produits rappelés peuvent rester très longtemps dans les armoires des gens, explique-t-elle, de sorte qu’il est important que l’information les concernant reste disponible sur le site web de l’agence pour que les gens soient prévenus s’ils font une vérification avant de consommer le produit.

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