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Les Canadiens profitent du boom immobilier à Miami

Huit ans après la crise immobilière américaine, Miami vit un immense boom immobilier. Depuis 2011, 58 tours de condos y ont été construites... et ça continue. De nombreux acheteurs étrangers bien nantis en profitent et parmi eux, on compte de nombreux Canadiens.

Un texte de Jean-Sébastien Cloutier

Le 28 mars dernier, Pierre Bernard, un entrepreneur de Québec, visite un condo de 700 000 $ à Sunny Isles Beach, au nord de Miami. Il en a déjà un à quelques coins de rue et cherche à le remplacer par un plus grand. Le profit qu'il devrait faire grâce à la vente de son condo l'aidera.

Pierre Bernard et sa famille font partie des nombreux Canadiens qui ont leur pied à terre dans le sud-est de la Floride.

Les Canadiens, au 5e rang des acheteurs

À Miami, les acheteurs étrangers ont d'ailleurs mis la main sur 10 600 propriétés en 2014-15, selon l'association des agents immobiliers de la région. C'est 22 % de toutes les ventes. C'est dire aussi qu'en un an, les étrangers y ont dépensé plus de 6 milliards de dollars.

Les Canadiens arrivent au 5e rang après le Venezuela, le Brésil, l'Argentine et la Colombie. Ils paieraient en moyenne 510 000 $ pour leur propriété.

« Il y a une certaine classe de Canadiens et de Québécois qui sont facilement capables de suivre la vague », dit Linda Faille, agente immobilière dans la région de Fort Lauderdale. 90 % de ses clients sont Canadiens.

Prendre l'ascenseur avec sa voiture

Plus de fin comme sur la plage de Sunny Isles Beach, où la nouvelle tour Regalia par exemple, permet - oblige devrait-on dire - chaque propriétaire d'acheter tout l'étage... à 10 millions de dollars le condo.

Pas très loin au sud, la nouvelle tour Porsche sera terminée dans quelques mois et deviendra le premier édifice à condos où il sera possible pour les propriétaires de prendre l'ascenseur avec leur voiture pour aller à leur appartement!

« Cette année, Miami offre 56 % plus de condos d'un million de dollars et plus par rapport à l'an passé », dit Ron Sheffield, qui ne vend que des propriétés de luxe. Quelque 34 % des acheteurs pour ce type de propriétés, ajoute-t-il, sont de l'étranger.

Un boom risqué?

Ce boom que vit Miami pourrait-il entraîner une autre crise immobilière dans la région? La réponse est non, croit le responsable du développement économique pour le centre-ville. L'économie est bonne et les règles pour le crédit ont changé.

Quoi faire pour empêcher Miami de devenir une ville seulement accessible aux riches de la planète, une situation à laquelle sont confrontées bien des métropoles? « C'est un défi et nous le prenons très au sérieux », dit M. Motwani.

« Nous préparons un projet majeur qui inclura des appartements à louer et il y a aussi des programmes d'aide à l'habitation. Nous essayons aussi d'améliorer le transport en commun en espérant que certains puissent économiser sur le prix d'une auto pour s'acheter un condo », ajoute le président de l'Agence de développement du centre-ville de Miami.

Une réponse qui traduit une certaine impuissance face aux lois du marché qui, à Miami, favorisent les mieux nantis. De plus en plus...

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