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Les changements climatiques menacent l'économie mondiale, dit le gouverneur de la Banque d'Angleterre

Les changements climatiques menacent l'économie mondiale, dit Mark Carney. C'est l'avertissement qu'a lancé l'ancien gouverneur de la Banque du Canada et actuel gouverneur de la Banque d'Angleterre devant les représentants du monde des assurances.

Un texte de Étienne Leblanc, journaliste spécialisé en environnement

À deux mois du début de la conférence de Paris sur le climat, le message n'est pas anodin. Mark Carney est l'un des hommes les plus respectés du monde dans le cercle des décideurs économiques.

L'économiste canadien a prononcé un discours d'une demi-heure à l'invitation de la Lloyds of London, un géant du monde de l'assurance.

Rappelant le caractère inéluctable des changements climatiques, il a rappelé qu'agir maintenant coûtera moins cher que d'attendre que les effets soient encore plus graves.

« Les plus visionnaires d'entre vous prévoient déjà les impacts sur nos propriétés, sur les migrations, sur la stabilité politique, sur la sécurité alimentaire et sur l'accès à l'eau ».

Problème à régler dans le long terme

Il a souligné que les décideurs économiques avaient souvent de la difficulté à comprendre que la question climatique doit être approchée avec une perspective différente.

Contrairement aux perturbations économiques les plus communes, pour lesquelles les solutions mises de l'avant sont à plus ou moins long terme, l'enjeu du climat est un problème à régler dans le long terme, dans la durée. C'est pourquoi, dit Mark Carney, refiler le fardeau aux générations futures serait une mauvaise décision économique.

Il donne l'exemple de la politique monétaire, dont l'horizon de gestion tourne autour de deux ou trois ans. La gestion de la stabilité financière, de son côté, se gère dans une perspective un peu plus longue, autour d'une décennie. Mais la question climatique est un problème d'un tout autre niveau, avance Mark Carney.

Carney a longuement insisté sur le fait que les conséquences financières des changements climatiques sur la stabilité financière et sur la prospérité à long terme seront beaucoup plus néfastes si on remet l'action à plus tard.

Selon son analyse, l'augmentation des coûts se fera à trois niveaux :

  • Les dommages physiques plus importants, provoqués par les catastrophes climatiques comme les inondations ou les tempêtes, auront un impact sur l'équilibre financier des assureurs et sur la valeur financière des actifs;
  • Les grands groupes financiers pourraient faire face à des poursuites et à des demandes de compensation qui dépassent leur capacité à payer;
  • La transition énergétique vers une économie faible en carbone coûtera cher, et plus on attendra pour faire les changements, plus la charge financière sera élevée.

« Il est encore temps d'agir, conclut Mark Carney. Mais le temps presse ».

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