Retour

Les chauffeurs de taxi manifestent contre Uber à Winnipeg

Des centaines de chauffeurs de taxi ont manifesté vendredi devant le palais législatif du Manitoba afin de contester l'adoption d'un projet de loi qui ouvrirait la porte à l'implantation d'entreprises de services de transport comme Uber.

La coalition Winnipeg Community Taxi réclamait une série de changements au projet de loi 30, dont l’enchâssement d’une clause exigeant l’installation d’un bouclier de protection et des caméras dans tout véhicule servant au transport de passagers payants, ainsi qu'une assurance supplémentaire pour les chauffeurs.

Toutefois, le projet de loi 30, qui exige que les municipalités de la province passent un règlement régissant le secteur des véhicules avec chauffeur, a été adopté dans la nuit de jeudi sans les modifications proposées.

« Nous menons notre lutte depuis six, sept mois », déclare le président de la direction d’Unicity Taxi, Tarlochan Gill. « Nous avons tenté d’aborder la question avec tout le monde, mais personne ne nous a consultés. Même pas le premier ministre nous a contactés. »

Le chef du gouvernement manitobain, Brian Pallister, soutient que ce n'est pas le cas.

« J’ai eu des rencontres avec plusieurs propriétaires et chauffeurs, et je m’attends à ce que ces rencontres continuent, souligne M. Pallister. Le changement n’est pas chose facile. J’ai beaucoup de respect pour les gens du secteur qui s’acharnent à leur travail, mais je pense que [cette situation] est l’illustration parfaite des difficultés qu’on peut rencontrer face au changement. »

Un changement attendu

Le Manitoba est la seule province canadienne où l’industrie du taxi est réglementée par la province plutôt que les administrations municipales, rappelle M. Pallister. « Je pense que l’heure est venue de laisser nos villes traiter elles-mêmes de cette question, comme font les villes à travers le Canada. »

« Certains diraient même que l’ancien gouvernement NPD s’est servi de l’industrie du taxi comme entité politique, comme un bloc d’électeurs », lance Brian Pallister.

Le chef de l’Opposition, Wab Kinew, explique que les néo-démocrates ont tenté d’élargir le débat à l’Assemblée législative en parlant de l’impact que pourrait avoir le projet de loi sur l’industrie du taxi.

« On a essayé d’approfondir la compréhension des effets [des services de voiture avec chauffeur], que ce ne soit pas une simple question comme Uber : oui ou non? On a mis l’accent sur les chauffeurs, sur leurs familles et sur les emplois qui seraient touchés par la décision », relate le chef néo-démocrate.

La Winnipeg Community Taxi Coalition prévoit maintenant rencontrer le maire de Winnipeg, Brian Bowman, afin de continuer à exercer des pressions pour la mise en œuvre d’exigences en matière de protection et de sécurité au palier municipal.

Plus d'articles

Commentaires