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Les contrats d'approvisionnement chez Hydro font des mécontents

Des entreprises de Baie-Comeau protestent contre les nouvelles méthodes d'approvisionnement d'Hydro-Québec. Après des firmes de génie-conseil le mois dernier, c'est notamment au tour d'un fournisseur d'équipements industriels de crier à la centralisation des contrats de la société d'État.

Un appel de propositions pour la fourniture d'équipements et d'articles industriels généraux a été publié au début du mois de mai. Le contrat d'une durée de cinq ans est évalué entre 10 et 20 millions de dollars.

André Boulianne a compris que le contrat sera beaucoup trop gros pour son entreprise, Boulons Manic.

« C'est 20 fois mon chiffre d'affaires que je fais présentement, indique André Boulianne. Premièrement, je n'aurais pas le personnel pour le faire. Je n'ai pas les moyens de rentrer les inventaires pour faire ça. Et je ne pourrais pas donner un bon service aux gens dans toutes les régions du Québec. Moi, je suis capable d'offrir un bon service à mes gens ici. »

Hydro-Québec défend ses pratiques

Hydro-Québec encourage les entreprises locales à s'adapter pour être en mesure de répondre à ses appels de propositions.

« Le but, c'est de faire affaire avec les entreprises les plus compétentes, les plus compétitives, pour éviter que le prix, par exemple, d'un fournisseur qui serait plus élevé, se ramasse sur la facture de nos clients », plaide Cathy Hamel, conseillère communications et relations avec le milieu pour Hydro-Québec.

Avant 2012, Hydro-Québec était un client majeur pour Boulons Manic. Depuis quelques années, ce fournisseur de Baie-Comeau vend beaucoup moins d'équipements à la Société d'État.

« On avait gagné des ententes avec d'autres entreprises locales, on était un fournisseur, se rappelle André Boulianne. On fournissait en moyenne entre 800 000 $ et un million de dollars de matériel par année. C'est rendu entre 50 000 $ et 100 000 $ par année, depuis maintenant quatre ou cinq ans. »

Le député de René-Lévesque, Martin Ouellet, considère que les nouvelles méthodes d'approvisionnement d'Hydro-Québec pénalisent les entreprises nord-Côtières.

« Ce que je déplore, c'est la façon qu'Hydro-Québec maintenant va faire ses contrats d'approvisionnement, c'est-à-dire de faire affaire avec des gros, des consortiums, des entreprises qui sont déjà implantées avec un réseau de distribution, donc assurément, ça cause un préjudice pour les entreprises qui devront faire un [effort] supplémentaire et je ne suis pas convaincu que financièrement ils sont prêts à prendre ce risque-là. »

Deux autres entreprises nord-côtières, qui fournissent des équipements industriels à Hydro-Québec, expérimentent les contrecoups des nouvelles pratiques d’approvisionnement de la Société d’État nous ont raconté leur frustration, mais ces entrepreneurs n’ont pas voulu commenter la situation publiquement.

Bref, de 2008 à 2013, le montant des acquisitions des biens et services d'Hydro-Québec a plus que triplé sur la Côte-Nord pour atteindre près de 163 millions de dollars. Depuis, ce montant a diminué chaque année pour s'établir à près de 105 millions en 2017.

D’après les informations de Marlène Joseph-Blais