L'Association des producteurs de copeaux du Québec (APCQ) considère que le marché des copeaux vit une crise. Il y a de moins en moins d'acheteurs et les usines de sciage n'ont plus de place pour stocker ces résidus. Conséquence : certaines usines ont commencé à réduire la production, affirme l'APCQ, qui ne voit pas de lumière au bout du tunnel tant que de nouveaux marchés ne seront pas développés.

Un texte de Jean-François Deschênes

Cette année, l’Association calcule qu’il y a 260 000 tonnes de copeaux invendues dans les cours des usines de sciages de la province. C'est cinq fois plus qu'en temps normal.

Pour le PDG de l’APCQ, Pierre Marineau, c’est beaucoup trop. « La demande de copeaux baisse parce que le principal joueur, celui qui accepte les copeaux, c’est les papetières, et ça n’ira pas en s’améliorant. Les papetières régulièrement ferment les machines à papier. »

Normalement, les résidus des usines de sciages sont achetés par les fabricants de panneaux ou par les papetières, qui s’en servent pour fabriquer du papier. Ces usines consomment moins de copeaux. Par exemple, l'usine Kruger de Trois-Rivières a transformé sa machine à papier en machine à fabriquer du carton récemment. L'usine n'a donc plus besoin de résidus des scieurs.

Le Bas-Saint-Laurent-Gaspésie est la deuxième région de la province avec le plus de copeaux en réserve. « Le premier mai, il y avait déjà 60 000 tonnes en inventaire uniquement pour 2017. »

Conflit du bois d'oeuvre moins préoccupant

Selon M. Marineau, les industriels sont plus préoccupés par les montagnes de copeaux qui ne trouvent pas preneur que par le conflit du bois d’oeuvre avec les États-Unis. Le marché de la planche de 2 X 4 est encore profitable pour les entreprises canadiennes, explique-t-il.

Toutefois, si le prix venait à baisser du côté américain, cela aurait pour effet de diminuer l'inventaire de copeaux, ce qui n’est pas souhaitable, selon monsieur Marineau. « La seule bonne nouvelle, si tu scies moins, tu produis moins de copeaux, ça fait que ton inventaire de copeaux va baisser, mais c’est triste de vouloir régler notre tas de copeaux en tablant sur une diminution des opérations de sciage. Ce n’est pas comme ça qu’il faut voir ça. »

Des solutions?

Pierre Marineau est d’avis que l’exportation est la solution à court terme.

L’Association tente présentement de reprendre les ventes de copeaux en Turquie. Ce marché avait été développé en 2016, mais la crise politique dans le pays a forcé l’arrêt des exportations. Toutefois, la Turquie ne réglerait pas tout, dit-il « Si on avait continué à exporter en Turquie au rythme qu’on avait commencé à le faire en 2016, ça pourrait régler peut-être 50 à 60 % du tas de copeaux de la Gaspésie seulement. »

Le PDG négocie aussi avec des acheteurs de Chine, d'Islande et de l'Inde, par exemple.

À moyen terme, M. Marineau croit que le développement de nouvelles technologies permettrait d’améliorer la situation. Il souligne que le gouvernement a d'ailleurs bonifié les programmes de modernisation.

Plus d'articles

Commentaires