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Les députés du PQ nient vouloir le départ de Rio Tinto 

Les députés du Parti québécois au Saguenay-Lac-Saint-Jean dénoncent sans détour les propos du premier ministre Philippe Couillard qui les accuse de vouloir mettre Rio Tinto à la porte.

En entrevue jeudi, M. Couillard a également affirmé comprendre la décision de Rio Tinto qui a l’intention d’abolir une centaine de postes à l’usine Grande-Baie d’ici trois ans. Il a rappelé que le marché de l’aluminium était difficile et que la compagnie devait faire des choix pour demeurer compétitive.

Des propos fortement critiqués

Le député péquiste de Jonquière, Sylvain Gaudreault, est outré par la position du premier ministre.

Jamais on a dit ou laissé entendre, au Parti québécois, qu’on souhaitait que Rio Tinto quitte la région.

Sylvain Gaudreault, député de Jonquière

Le député de Lac-Saint-Jean, Alexandre Cloutier, est du même avis.

Il accuse le premier ministre de refuser de prendre ses responsabilités en obligeant le fabricant d'aluminium à rencontrer ses obligations relativement à l'entente de continuité de 2006.

C’est la première fois que je vois un député du Saguenay-Lac-Saint-Jean être si faible par rapport à l’importance du développement de l’aluminium.

Alexandre Cloutier, député de Lac-Saint-Jean

« Le premier ministre ne doit pas être le porte-parole de la compagnie, ajoute-t-il. Le premier ministre, sa responsabilité, c’est d’être le porte-parole des citoyens et défendeur de la création d’emplois. »

Bernard Landry en rajoute

L’ex-premier ministre du Québec, Bernard Landry, dénonce aussi l’appui de Philippe Couillard à Rio Tinto. Il juge que la compagnie doit redonner au Saguenay-Lac-Saint-Jean une partie des avantages hydroélectriques qu'elle reçoit, toujours en vertu de l'entente de continuité.

Il maintient que le gouvernement a le droit de brandir le bâton. Il va plus loin qui les députés du PQ dans la région et avance qu’une nationalisation pourrait être une option.

Il faut que le premier ministre les convoque, et leur parle clairement les yeux dans les yeux en leur disant qu’ils vont avoir des problèmes avec nous s’ils ne se comportent pas à l’avantage de l’économie québécoise.

Bernard Landry, ex-premier-ministre du Québec

Bernard Landry estime que depuis la vente d'Alcan en 2007, cette entente est le seul argument qui reste pour forcer Rio Tinto à respecter ses engagements. Il s’agit d’un argument suffisant, selon lui, pour inciter l'entreprise à au moins amorcer des discussions.

Alain Gagnon critique à son tour Philippe Couillard

Le président du Syndicat national des employés de l’aluminium d’Arvida (SNEAA), Alain Gagnon, est débordé d’appels depuis que le premier ministre Philippe Couillard a pris position pour défendre Rio Tinto. Il affirme que plusieurs employés de l’usine Grande-Baie l’ont contacté pour se syndiquer.

M. Gagnon maintient que le premier ministre aurait dû défendre les travailleurs et non la multinationale.

M. Couillard se doit d’être plus ferme. Il est trop mou.

Alain Gagnon, président du SNEAA

Selon Alain Gagnon, avant de garantir des blocs énergétiques, le gouvernent doit s'assurer d'avoir suffisamment d'emplois rattachés à la production de base d'aluminium, ce qu’il appelle communément « core business ».

La chambre de commerce invite au dialogue

Le président de la Chambre de commerce de Saguenay-Le Fjord, Éric Côté, soutient pour sa part que les chicanes politiques ne mèneront à rien.

« On a le plus beau laboratoire d’aluminium au monde, qu’on se serve de tout ça et qu’on se mette tous ensemble plutôt que se décrier l’un contre l’autre sur la place publique », lance-t-il.

M. Côté espère qu’ainsi la région pourra continuer à plancher sur de nouvelles façons de valoriser l'aluminium produit au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

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