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Les diminutions de quotas de crevettes se confirment

Le ministre des Pêches et des Océans, Dominic LeBlanc, donne son aval aux importantes baisses de quotas de crevette recommandées par le comité consultatif des pêches.

Un texte de Joane Bérubé

Les zones de pêche de l’estuaire et de Sept-Îles seront particulièrement touchées avec des diminutions de 74 % et de 60 % respectivement. Les baisses dans les zones situées plus à l’ouest du golfe, soit Anticosti et Esquiman, sont de 15 %.

Les pêcheurs du golfe se partageront cette année 17 337 tonnes. En comparaison, les pêcheurs ont rapporté à quai 22 431 tonnes de crevettes sur un quota autorisé de 26 732 tonnes l’an dernier.

Les scientifiques notent une baisse importante de la biomasse dans toutes les zones de pêche et estiment que cette tendance devrait se poursuivre, notamment en raison de la prédation du sébaste et du fait qu’il y peu de petites crevettes.

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Bien qu’anticipée par les pêcheurs et les industriels, cette baisse aura des conséquences économiques importantes.

Cela se traduira d’abord par moins d’emplois dans les usines.

À l’usine de Matane, par exemple, la plupart des pêcheurs disposent de quotas dans les zones de l’Estuaire et de Sept-Îles.

C’est en Gaspésie, où se trouvent deux des principales usines de transformation, que se fait l’essentiel des débarquements de crevette. L'usine Crevette du Nord Atlantique envisage une baisse de 40 % de travail.

Selon les évaluations de la Coopérative des capitaines propriétaires de bateaux de la Gaspésie, quelque 1800 emplois directs et indirects dépendent de la pêche à la crevette nordique dans le secteur de Rivière-au-Renard.

Le directeur général de l’Association québécoise des industriels de la pêche, Jean-Paul Gagné, rappelle qu’il est toutefois difficile pour l’industrie de ne pas se plier aux recommandations scientifiques.

Faire le contraire mettrait en danger la certification de pêche durable de la Marine Stewardship Corporation (MSC), souligne M. Gagné. L’industrie de la crevette du Québec tient à cette certification puisqu’une bonne partie de sa pêche est exportée en Europe où cette certification est généralement exigée.

Ce qui est inquiétant, souligne pour sa part, Jean-Paul Gagné, c’est la tendance à long terme, notamment en raison de la prédation du sébaste de plus en plus présent dans le golfe.

Les pêcheurs sont aussi du même avis. « Il n’est pas question de pêcher les crevettes jusqu’à la dernière », commente Vincent Dupuis, président de la Coopérative des capitaines propriétaires de la Gaspésie.

Négociations à venir

Sans remettre en question le contingentement, les pêcheurs de crevette auraient toutefois aimé pouvoir discuter du plan de pêche avec le ministre LeBlanc pour diminuer les coûts d’exploitation des permis. Ils ont demandé à plusieurs reprises une rencontre avec M. LeBlanc sans résultat.

Le ministre permettra exceptionnellement le transfert d’un quota de l’Estuaire ou de Sept-Îles. Certains pêcheurs, qui se retrouveront avec de petits quotas, trouveront plus rentable de les céder à un autre capitaine plutôt que de sortir en mer.

Les négociations entre les usines du Grand Gaspé et les pêcheurs de crevette débuteront la semaine prochaine.

Selon Jean-Paul gagné de l’AQIP, le prix payé au débarquement par les usines devrait être supérieur à celui de l’an dernier. Selon certains pêcheurs, les négociations s’annoncent difficiles puisque les capitaines devront aussi rentabiliser leur bateau et leur équipage, et ce, avec une pêche moins abondante.

La pêche à la crevette nordique débutera le 1er avril 2018 et se terminera le 31 décembre 2018.

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