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Les employés du Groupe PVP veulent acheter une part de l'entreprise

L'entreprise matanaise Groupe PVP, reconnue pour ses documentaires réalisés partout dans le monde et pour ses productions multimédias, pourrait éventuellement avoir ses propres employés comme patrons. Ces derniers comptent former une coopérative pour acheter une partie des actions de la compagnie.

Un des quatre actionnaires et vice-président développement pour le Groupe PVP, Robert Tremblay, pense à la retraite.

Environ 22 % de ses actions seront bientôt disponibles. Il les a offertes aux employés. « La plus belle voie que j’envisageais pour que ces actions-là, c’est qu’elles restent la propriété des gens du milieu. »

Ces « gens du milieu » pourraient bien être les employés eux-mêmes. Ils finalisent présentement la création d'une coopérative qui achèterait ces actions en totalité ou en partie.

Pour le membre du conseil d’administration provisoire de la coopérative, André Harvey, il est important de ne pas laisser un « gros » producteur mettre la main sur les actions. Il pourrait avoir l’idée de rapatrier l’entreprise régionale plus près des grands centres de production. « Donc ça aussi ça vient consolider et raffermir notre entreprise ici en région », dit-il.

Ces parts-là peuvent facilement racheter d’autres gros groupes montréalais. On ne veut pas ça pour éviter le déménagement de notre boîte ailleurs qu’à Matane.

André Harvey , membre du conseil d’administration provisoire de la coopérative

Encore des détails à régler

Le personnel de Groupe PVP doit notamment décider quels employés sauteront dans l'aventure et quelle part exacte des actions ils posséderont.

Un représentant de la coopérative aurait une place au conseil d’administration. Toutefois, il ne pourrait pas prendre de décision finale, mais il aurait quand même un mot à dire sur les orientations de la compagnie, précise M. Harvey.

André Harvey précise qu’il ne s’agit pas d’une façon d’acheter sa place pour travailler. « Ça crée un sentiment d’appartenance », indique-t-il en ajoutant qu’il y a des avantages fiscaux pour les coopérants notamment pour la création d’un fonds de retraite.

Une part du salaire serait prélevée et servirait à rembourser le montant de l'emprunt, un autre montant servirait au fonds de réserve. Lorsque l’employé quitterait l'entreprise, il y aurait un protocole de remboursement comme dans toute coopérative.

Des patrons qui pensent à la retraite.

Même si Robert Tremblay vend ses actions, il compte tout de même travailler encore, « tant qu’on aura besoin de moi », précise-t-il.

L’homme de 62 ans voulait s’assurer que la transition se passe bien.

« Je dois dire que c’est le meilleur des mondes, dit-il, ce pourquoi j’ai travaillé depuis tellement d’années ne tombera pas dans les mains de d’autres que ceux qui sont principalement concernés et qui vont avoir à cœur que cette entreprise-là. »

Le fondateur et président du Groupe PVP, Vic Pelletier, croit que la coopérative donnera un sentiment d’appartenance aux employés.

Ils vont contribuer à permettre de garder la boîte en vie parce qu’ils auront des intérêts là-dedans. On est dans un milieu qui est très fluctuant alors d’une année à l’autre on ne sait jamais.

Vic Pelletier, fondateur et président du Groupe PVP

Le fondateur prépare aussi sa retraite. Ses actions ont quant à elle été achetées par ses associés. La transaction sera conclura cet été, au moment où la compagnie fêtera ses 30 ans.

Tout comme Robert Tremblay, M. Pelletier compte continuer à travailler sur des projets spéciaux.