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Les entrepreneurs africains à la découverte du potentiel manitobain

Des représentants du Gabon, du Burkina Faso, du Nigeria ou encore du Mali rencontrent les milieux d'affaires du Manitoba dans le cadre d'une première initiative destinée à augmenter les échanges commerciaux entre le continent africain et l'Ouest canadien.

Les ambassadeurs africains en poste à Ottawa avaient du Manitoba une vision qui se résumait à celle de la « réserve de grain » du Canada. Quant aux entrepreneurs manitobains, ils n’avaient, pour la plupart, jamais pensé au potentiel du continent africain pour développer leurs activités.

C’est en partant de ce constat que Justin Ondo Assoumou, un ancien comptable installé depuis des années au Manitoba, a décidé de lancer sa propre société de conseil et d’organiser Échanges Commerciaux Canada-Afrique, un sommet qui a commencé ce lundi à Winnipeg pour permettre de favoriser les discussions entre des représentants des pays d'Afrique faisant partie de la rencontre.

« Il y a des opportunités en Afrique qui sont méconnues au Manitoba », explique Justin Ondo Assoumou. « D’ailleurs, la plupart des ambassadeurs qui sont arrivés à Winnipeg sont unanimes, c'est la première fois qu'on les invite de manière officielle au Manitoba. »

Pour M. Assoumou, PDG d'Échanges Commerciaux Canada-Afrique et organisateur des conférences, les deux parties ont pourtant tout à gagner à travailler ensemble.

Son avis est partagé par Mariette Mulaire, la PDG du World Trade Centre Winnipeg : « Pour nous, c’est nouveau, l’Afrique. Alors il faut apprendre à se connaître, savoir ce qu’on a à offrir de part et d’autre, savoir avec qui on peut développer des partenariats. »

Selon elle, trois secteurs d’activité ont particulièrement retenu l’attention des participants à cette première journée d’échanges : « Tout ce qui est autour des mines, de l’agriculture, et de l’énergie. En particulier l’énergie solaire. »

Au titre des bénéfices mutuels que peuvent retirer les entreprises locales et africaines, l’exemple du Burkina Faso se révèle éloquent, comme le détaille l’ambassadeur burkinabé au Canada, Athanase Boudo.

« L’or est aujourd’hui le premier produit d’exportation du Burkina Faso. Mais nous sommes actuellement aussi le deuxième pays producteur de coton en Afrique, nous sommes un important producteur de sésame… Et de l’autre côté, en matière d’agriculture, l’échange avec le Manitoba se révélerait particulièrement intéressant pour nous parce que 80 % des Burkinabés cultivent la terre, et ils bénéficieraient de cette expertise en matière d’innovation dans les pratiques développées au Manitoba. C’est ce qu’il faut retirer d’une coopération gagnant-gagnant », ajoute M. Boudo.

Une entreprise manitobaine a déjà bénéficié des possibilités offertes par le continent africain. Il s’agit de Fort Garry Fire Trucks, principal constructeur de camions de pompiers au Canada, dont le chargé des ventes à l’international, Steven Suché, explique qu’elle a déjà vendu des camions au Burkina Faso. « Et au vu de notre faible dollar, qui nous permet de rivaliser avec les produits américains, l’Afrique pourrait être un marché énorme », estime-t-il.

Les rencontres, visites et conférences doivent se poursuivre jusqu'à mercredi.

Avec des informations de Thibault Jourdan

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