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Les entreprises canadiennes prêtes à s'adapter à une renégociation de l'ALENA

Les entreprises canadiennes ont les yeux rivés sur Washington alors que commencent les discussions en vue de la renégociation de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA). Devant les visées protectionnistes de l'administration Trump, certaines d'entre elles se préparent au pire et envisagent de transférer une partie de leur production aux États-Unis.

Un texte d'Olivier Bachand

Au fil des ans, le fabricant de pièces d'acier Au Dragon Forgé, de Terrebonne, a soudé une relation solide avec les Américains. Aujourd'hui, 85 % du chiffre d'affaires de l'entreprise dépend du commerce avec les États-Unis.

Dans ces circonstances, la renégociation de l'ALENA sera suivie attentivement.

L'entreprise ne s'inquiète pas trop pour l'instant, puisqu'elle a l'habitude des mesures protectionnistes au sud de la frontière. En vertu du Buy American Act, l'acier utilisé dans les projets d'infrastructure publics doit déjà provenir des États-Unis.

C'est pourquoi Groupe ADF a construit une usine à Great Falls, au Montana, il y a quelques années. « Avec cette usine et nos employés aux États-Unis, s'il y a des projets d'infrastructure publics, on est capables de soumissionner », affirme M. Boursier.

À l'heure actuelle, un peu plus de 400 employés travaillent dans les installations de l'entreprise à Terrebonne.

La grande majorité des pièces qui y sont fabriquées sont aussi destinées au marché américain, mais à des projets du secteur privé.

Si jamais des tarifs étaient imposés sur l'acier provenant du Canada, et qu'ils plombaient la compétitivité du Groupe ADF en sol américain, l'entreprise pourrait délocaliser une partie de sa production au pays de Donald Trump.

Un pied au Canada, l'autre aux États-Unis

D'autres entreprises envisagent aussi de s'établir en sol américain pour échapper à d'éventuelles mesures protectionnistes.

C'est le cas de Khrome, dont l'usine de Drummondville fabrique des composantes destinées aux systèmes de transport en commun, comme des sièges pour les trains de banlieue.

L'immense majorité de ses revenus, soit 95 %, provient de contrats conclus avec les Américains.

La renégociation de l'ALENA est un incitatif supplémentaire pour ouvrir une nouvelle usine aux États-Unis, surtout si de nouvelles mesures protectionnistes viennent changer la donne.

L'homme d'affaires, qui possède aussi une firme d'ingénierie, veut embaucher du nouveau personnel au sein de ses deux entreprises qui sont en pleine croissance, mais l'incertitude actuelle refroidit ses ardeurs. « C'est sûr qu'on n'est pas à pleine vitesse. On ne va pas à la vitesse de croisière. »

Inquiétudes dans l'industrie du camionnage

L'industrie du camionnage serait frappée de plein fouet par de nouvelles barrières tarifaires et des transferts de production en sol américain, qui feraient baisser le volume de marchandises transportées au sud de la frontière.

Au Groupe Robert, le tiers du chiffre d'affaires est tributaire des échanges commerciaux entre le Canada et les États-Unis.

« Si on n'a pas de produits à exporter, ou disons une grosse diminution, notre flotte de camions va être moins nombreuse pour aller aux États-Unis », indique le vice-président aux affaires de l'entreprise, Jean-Robert Lessard.

L'avenir de milliers d'entreprises et de leurs employés est maintenant entre les mains des négociateurs canadiens.

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