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Les ex-employés d'Aveos veulent créer une nouvelle entreprise

Les ex-travailleurs d'Aveos qui ont décidé de poursuivre Air Canada, Ottawa et Québec le mois dernier optent pour une nouvelle tactique. Ils proposent maintenant ce qu'ils qualifient de « solution gagnante-gagnante », soit la création d'une entreprise, plus précisément d'un centre de révision.

Un texte de Maxime Bertrand

La société porterait le nom de Pro-Maintenance Aviation. Pour mener à bien ce projet, les anciens travailleurs d'Aveos sollicitent l'appui des gouvernements.

Cette initiative vise à convaincre le gouvernement du Québec de ne pas abandonner sa poursuite contre Air Canada.

La poursuite avait été déposée après la fermeture d'Aveos parce que Québec estimait qu'Air Canada n'avait pas respecté son obligation légale de garder des activités de maintenance de ses appareils dans la grande région de Montréal.

Mais en février dernier, Québec s'était dit prêt à renoncer à sa poursuite en échange de l'achat par Air Canada de 45 avions de la C Series de Bombardier.

Les anciens travailleurs d'Aveos veulent également empêcher le fédéral de modifier la loi C-10, qui prévoit l'obligation pour Air Canada d'effectuer la maintenance de ses appareils dans la région de Montréal, notamment.

L'Association des anciens travailleurs des centres de révision d'Air Canada croit que la création d'une nouvelle entreprise de maintenance permettra de reprendre les activités de révision d'avions dans la région de Montréal et à Winnipeg.

Un plan d'affaires d'ici un an

L'association s'engage donc à présenter un plan d'affaires au gouvernement dans les 12 prochains mois, ce qui permettra aux divisions (aux garages) de Montréal et de Winnipeg de rouvrir et de s'occuper de 400 aéronefs d'Air Canada ainsi que des transporteurs étrangers.

Les anciens travailleurs d'Aveos affirment qu'ils veulent créer une entité de renommée mondiale comparable aux deux plus importants centres de révision du monde : ceux de Luftansa Technik et d'Air France.

Ils souhaitent que les gouvernements fédéral et provincial financent la préparation du plan d'affaires de la nouvelle entreprise ainsi que son démarrage.

Le centre de révision sera en fait un garage où seront démontés les avions. Les moteurs et les autres composantes des appareils devront ensuite être acheminés vers d'autres entreprises spécialisées pour la réparation.

À Montréal, il existe deux entreprises habilitées à faire de telles réparations : Lockheed Martin, pour les moteurs, et AJW Technique, pour les composantes.

Ces deux multinationales étrangères se sont établies dans la région après la fermeture d'Aveos, en 2012. Elles comptent parmi leurs employés 250 anciens travailleurs d'Aveos.

Elles devaient en principe s'occuper de la maintenance des appareils d'Air Canada, qui, dans les faits, ne leur a confié aucun contrat.

Selon l'Association des anciens travailleurs d'Aveos, Air Canada préfère exporter la révision de ses appareils. Elle demande donc au gouvernement fédéral d'exiger qu'Air Canada confie la maintenance des moteurs et des composantes à Lockheed Martin et à AJW Technique.

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