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Les leaders autochtones se réjouissent des changements apportés par Ottawa en matière de financement

Les communautés autochtones du pays se réjouissent d'une récente entente conclue avec le gouvernement fédéral permettant aux conseils de bande de reporter l'argent inutilisé au terme d'une année financière à l'année suivante.

Cette nouvelle mesure, annoncée en début de semaine à l’occasion de la 38e assemblée générale annuelle de l'Assemblée des Premières Nations (APN), s’inscrit dans les efforts du Canada pour établir une nouvelle relation financière avec les peuples autochtones.

« Les Premières Nations pourront bientôt reporter le financement d'une année à l'autre, ce qui signifie qu'elles auront plus de souplesse et d'indépendance afin d'améliorer la planification et de mieux dépenser en vue de meilleurs résultats », a commenté Perry Bellegarde, le chef national de l’APN.

Le chef Bellegarde a cité l’exemple du développement immobilier dans les réserves en expliquant que les responsables pourraient lancer la construction de nouvelles habitations tout en bénéficiant « d’une flexibilité financière pour les finir ».

Des revendications reconnues

Pour Marc Chaloult, coordonnateur en matière d'affaires publiques pour la communauté d'Essipit, ces changements constituent un pas de plus vers l'autonomie des Premières Nations. « [Le report des fonds inutilisés] va être excellent pour nous aider à planifier pour l'année suivante », a-t-il affirmé.

Avant l'adoption de cette mesure, les communautés devaient « faire le travail trop vite » ou « carrément refuser l'argent » si les versements d’Ottawa pour des projets s’effectuaient trop près de la fin de l’année financière, explique le coordonnateur.

Perry Bellegarde, qui a présenté cette nouvelle mesure conjointement avec la ministre des Affaires autochtones et du Nord, Carolyn Bennett, a ajouté que les discussions se poursuivaient avec Ottawa pour développer une nouvelle approche en matière de gestion et de financement des services essentiels pour les Premières Nations.

Le chef a notamment évoqué les services d'urgence et d'incendie ainsi que l’accès à l'eau potable qui sont sous le coup, selon lui, d’une politique « inadéquate, désuète et inéquitable ».

En vertu de cette politique qui a été adoptée il y a environ 20 ans, le gouvernement fédéral finance une partie des coûts d’exploitation et d’entretien estimés relatifs à certaines infrastructures communautaires.

« Notre objectif consiste à nous assurer que les gouvernements des Premières Nations peuvent offrir ces services à leurs peuples selon les besoins réels de nos collectivités et familles », a indiqué M. Bellegarde.

« De la parole aux actes »

« Nous passons de la parole aux actes », a pour sa part déclaré la ministre des Affaires autochtones et du Nord, Carolyn Bennett, au cours d’un point de presse commun avec Perry Bellegarde, lundi.

« Par l’entremise de ces mesures, nous reconnaissons qu’une plus grande autonomie fiscale et financière est nécessaire pour que les Autochtones soient en mesure d’appliquer une bonne gouvernance au sein de leur communauté tout en répondant de manière appropriée aux priorités et aux défis », a-t-elle ajouté.

Le gouvernement fédéral espère que les discussions avec les leaders autochtones permettront d’adopter un nouveau cadre stratégique « afin d’éliminer les inégalités dans les cadres actuels […] qui ont contribué aux écarts socioéconomiques qui touchent [les] Premières Nations ».

Une version préliminaire du plan de restructuration doit être présentée en décembre 2017.

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