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Les loyers inabordables pourraient forcer les jeunes à quitter Toronto, selon un expert

« Présentement, à Vancouver – et ça pourrait être le cas de Toronto bientôt – les employeurs ont de la difficulté à recruter. [...] Pourquoi un jeune employé déménagerait-il à Vancouver s'il sait que le salaire [offert] ne lui permettra pas de se payer une maison semi-détachée ? »

Ce sont les paroles de Paul Kershaw, professeur de l’Université de la Colombie-Britannique et fondateur de Generation Squeeze, une campagne de sensibilisation au stress économique auquel les jeunes générations font face.

Le coût du logement à Toronto est un sujet qui est de plus en plus discuté. À la lueur de la situation à Vancouver, qui s’est récemment classée 2e ville la plus chère au monde, les questions sur les coûts à Toronto reviennent constamment. Selon M. Kershaw, les jeunes sont les premiers à en souffrir.

D’ailleurs, en 2017, le prix moyen d’une propriété atteindra 825 000 $ à Toronto.

C’est pour cette raison que Arthur Gallant, un homme de 27 ans natif de Toronto, a dû déménager à Hamilton avec sa mère malade. M. Gallant travaille en vente au détail et veut s’occuper de sa mère.

« Ma mère a des problèmes de santé. Il lui reste entre 5 et 10 ans à vivre. J’aimerais beaucoup retourner à Toronto, mais dans ma situation, ce n’est pas réaliste », explique-t-il.

Un problème pour les plus fortunés aussi

D’ailleurs, la situation n’affecte pas que les gens à faible revenu.

« Vous pouvez être un jeune adulte avec une bonne éducation et un bon emploi, avoir votre propre endroit où habiter reste [impossible] », selon le professeur Kershaw.

C’est le cas de Derek Dibblee, d’Oakville, qui a déménagé à Toronto en 2014 lorsqu’il a décroché un emploi de développeur Android. « Un salaire de 65 000 dollars par année n’est pas suffisant pour habiter seul à Toronto », déclare-t-il, simplement.

Après quelques mois à habiter seul à Toronto au coût de 1650 dollars par mois pour un petit appartement d’une chambre, le jeune homme s’est éloigné du centre parce que les coûts étaient trop importants. Il s’est alors installé à North York, où son appartement lui coûtait 1250 $ mensuellement.

Aujourd’hui, M. Dibblee habite Montréal. Il s’est acheté un condo à trois chambres près du centre-ville qui lui coûte moins cher que son loyer de North York. Il reçoit le même salaire, mais affirme que sa qualité de vie s’est grandement améliorée depuis le déménagement.

« Pour les jeunes canadiens, l’économie est un escalator qui descend, et il descend tellement rapidement que peu importe les efforts qu’ils mettent à renverser la vapeur, il est impossible de remonter la pente », selon M. Kershaw.

Le risque, c’est de voir une génération en entier déserter les centres urbains du pays, affirme le professeur de l’Université de la Colombie-Britannique. « Vancouver est une ville fantôme générationnelle. Si Toronto ne fait pas attention à ce problème, celui-ci la guette aussi. »

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