Partout au Québec, on assiste à une éclosion de marchés publics. L'année a été bonne pour les producteurs maraîchers qui se remontent déjà les manches pour 2017. La clientèle est exigeante, et la compétition, féroce. Portrait d'une industrie florissante, mais sur ses gardes.

Un texte de Louis-Philippe Ouimet

Au marché Jean-Talon, à Montréal, la ferme Trottier et frères brasse de bonnes affaires malgré l’augmentation du coût du transport.

« Ce n’est pas la meilleure année, mais c’est une bonne année », concède son propriétaire, Michel Trottier.

Même discours au kiosque voisin. « On a eu une de nos meilleures années, il y a beaucoup de condominiums autour », dit Jacques Labelle, qui travaille pour Les œufs du capitaine.

Une industrie qui a le vent dans les voiles

Il y a près de 150 marchés publics au Québec, mais il n’existe pas de statistiques d’achalandage, explique la présidente de l’Association des marchés publics du Québec, Diane Séguin. « Quand on fait des sondages et qu’on demande au client pourquoi il aime les marchés publics, le premier critère est la fraîcheur », dit-elle en ajoutant que les marchés se portent très bien.

Été comme hiver, les affaires vont rondement au marché Jean-Talon, en partie parce qu’on a diversifié l’offre.

« Il y a de plus en plus de prêt-à-manger dans les marchés publics parce que c’est ce que les gens demandent », observe la directrice des communications et du développement pour les Marchés publics de Montréal, Patrizia Cusinato.

Le virage numérique est très important. On essaie d’avoir notre page Facebook à jour sur les nouveaux produits et d’informer notre clientèle le mieux possible.

Patrizia Cusinato, directrice des communications et du développement pour les Marchés publics de Montréal

Marché cherche clients

Si plusieurs marchés publics vont bien, d’autres sont à la recherche de clients, comme celui de Longueuil, ouvert depuis quelques années seulement.

« Il faudrait vendre pour à peu près 20 millions de dollars par année. Présentement, on est plus à 10 ou 12 millions de dollars de vente par année. C’est 70 % de notre objectif pour l’été et 50 % de notre objectif pour l’hiver. Il reste encore beaucoup de travail à faire », affirme le directeur général de l’Association des producteurs maraîchers du Québec (APMQ), André Plante.

Cette association est propriétaire du marché public de Longueuil et elle demeure convaincue que, d’ici deux ans, les affaires iront beaucoup mieux.

Selon André Plante, ce marché a changé au fil des ans.

La première chose qu’on constatait, c’est que le marché était trop aseptisé, trop beau. Le consommateur quand il arrive dans un marché public, il veut voir ça un peu désorganisé. Il veut une ambiance champêtre.

André Plante, directeur général de l’Association des producteurs maraîchers du Québec

Une forte compétition

Tout marché public doit se faire connaître avant de se faire aimer et c'est ce en quoi consiste le défi pour rivaliser avec les grandes surfaces de l’alimentation.

Des commerçants et des producteurs maraîchers aimeraient que les marchés publics fassent l’objet de plus de publicité.

« Il faut que tu changes les habitudes du monde. On est situé à un endroit où il y a beaucoup de marchés d’alimentation et il faut se faire connaître », affirme Nunzio Notaro, propriétaire des Délices de Nonna au marché public de Longueuil.

Alors que l’année se termine, les producteurs maraîchers souhaitent pour 2017 une autre bonne récolte.

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